Test du Nakamura E-Summit 740 : le meilleur VTT électrique à moins de 2 000 euros, tout simplement

Connue des amateurs de VTTAE pour proposer des vélos à l’excellent rapport qualité/prix, la marque Nakamura, propriété d’Intersport, tente le pari de la montée en gamme. Son catalogue comprend notamment un VTT électrique à 1 000 euros qui avait su nous convaincre dans sa dernière itération. La version 740 de l’E-Summit veut aller plus loin avec l’apport d’un nouveau moteur plus performant, de meilleurs accessoires et des finitions plus soignées. Pour autant est-ce intéressant d’investir plus de 1500 euros dans un vélo Intersport ?

Pas classique pour de l’entrée de gamme

Deux choses sautent au yeux lorsqu’on observe l’E-Summit 740. Il dispose de deux caractéristiques rares pour un vélo électrique « pas cher » : un moteur central et une batterie intégrée. En effet à ce niveau de prix, la très grande majorité des VAE, VTT ou non, disposent d’un moteur moyeu et d’une batterie posée sur le cadre, voire sur le porte-bagages.
C’est là l’une des caractéristiques assez bluffantes d’un VTTAE très bien conçu par ailleurs. En effet, comme pour tous les vélos Nakamura, il faut saluer ici le travail de la MFC, la manufacture française du cycle (en Loire-Atlantique). Il ne permet pas simplement d’apposer un logo « fabriqué en France » mais  est la garante d’une qualité de fabrication, là encore, rare à ce niveau de prix.
L’E-Summit n’affiche certes pas des soudures polies comme certains vélos haut de gamme, mais son cadre en aluminium, ses passages de câbles soignés ou encore la finesse de certaines finitions témoignent d’un travail de qualité. Au final, le VTT donne une impression de robustesse bienvenue.

Un équipement au top pour un prix contenu

La qualité de fabrication n’est pas la seule bonne surprise sur cet E-Summit 740. Elle va de paire avec un très bon niveau d’équipement général. En effet, le VTTAE dispose d’un tout nouveau moteur de 80 Nm de couple, soit une puissance très proche de celle des meilleurs moteurs de Bosch ou de Shimano (85 Nm).
Bien évidemment, Intersport et la MFC ne fabriquent pas de moteurs, néanmoins pour ce Naka Power, les ingénieurs ont pu travailler en étroite collaboration avec leur fournisseur chinois et surtout développer la partie cartographie et le gestionnaire d’assistance.
Ce dernier détail n’en est pas un, car si l’E-Summit ne propose pas une assistance aussi progressive qu’un modèle haut de gamme, le comportement de son moteur est tout de même en net progrès par rapport au modèle précédent.

Quant à la fourche Suntour (130 mm de débattement) et à la transmission Shimano (9 vitesses), il s’agit là aussi d’accessoires de bonne facture, même si cette dernière pourrait parfois être plus précise et réactive.
Enfin comme sur l’E-Summit 710 que nous avions testé, la qualité des freins à disques hydrauliques (Shimano MT200 avec des grands disques de 180 mm) est exemplaire. Mordants et efficaces, ils rassurent même lorsqu’on est engagés sur des chemins bien pentus.
Bien évidemment, il est toujours possible de reprocher au fabricant l’absence d’un équipement basique pour la ville, à savoir des gardes-boue, une béquille ou encore un porte-bagages. Mais, ces absences sont plutôt classiques pour un VTT. 

Un terrain de jeu : la forêt 

Qu’en est-il du comportement de ce Nakamura E-Summit 740 ? C’est sans doute là qu’il est le plus facile de mesurer les progrès réalisés par Intersport. Les quatre niveaux d’assistance sont les bienvenus, même s’il est rare de dépasser les deux premiers paliers hors difficulté majeure.
Face à une belle bosse en revanche, les niveaux 3 ou 4 sont diablement efficaces. Si nous n’avons pas pu tester le VTT en montagne, nous avons été surpris de son aisance sur les chemins forestiers. Même lorsque le terrain se fait plus accidenté, l’E-Summit s’avère très maniable.
Son large guidon, le tube horizontal bien « slopé », permet de le manoeuvrer sans craindre pour ses genoux, ce qui permet d’obtenir un comportement nerveux et dynamique, exactement ce que l’on attend de ce type de VTT.
Finalement là où la différence se fait avec les VTTAE haut de gamme, c’est sur le comportement moteur. Avec un Shimano EP8 ou sur les dernières générations de Bosch Performance Line CX, l’accent est mis sur une assistance dite naturelle et progressive, alors que chez Nakamura le moteur délivre le couple de manière plus brutale et spontanée. 

En ville, ça donne quoi ?

Plus taillé pour les chemins que pour les routes, le comportement du VTTAE d’Intersport n’est pas complètement hérétique en ville. Bien sûr, il faudra composer avec son large cintre de 70 cm, c’est le lot de la plupart des VTT modernes, ce qui compliquera le slalom entre les voitures à l’arrêt. Paradoxalement, son comportement moteur, celui d’un VTT bien nerveux, est un atout indéniable lorsqu’il s’agit de se dégager la circulation ou de s’extraire d’un feu rouge à toute berzingue. 

En définitive, même s’il ne s’agit pas de son terrain de prédilection, l’E-Summit est relativement à l’aise en ville. Son relatif confort conviendrait presque aux petits trajets urbains. En revanche, il ne s’agit clairement pas du vélo le plus adapté pour des trajets domicile-travail de plus de 15 km, même s’il en est capable. 

Une application vraiment gadget

L’E-Summit 740 fonctionne de paire avec une application développée par Intersport, Naka E-power. Elle permet d’avoir accès aux mêmes informations que l’afficheur du vélo, avec un aperçu des parcours en prime. Malheureusement, celui-ci s’avère plutôt capricieux au regard du nombre de bugs que nous avons pu constater. Qu’importe, une application spécialisée telle que Strava ou Komoot fera toujours mieux. Précisons toutefois que Naka E-power sert aussi à verrouiller le vélo. Ici il ne faut pas confondre verrouillage et antivol. En effet, dans le cas du VTT d’Intersport, le choix a été fait de pouvoir bloquer l’assistance moteur via l’application. Objectif : rendre le vol du Nakamura moins intéressant, voire plus laborieux. C’est un premier pas mais ça ne sera sans doute pas suffisant pour dissuader un malfaiteur.

Au final, au terme d’une bonne semaine d’utilisation, nous avons très peu eu recours à Naka E-power et c’est sans doute là le signe le plus évident de son faible intérêt. 

Autonomie : l’essentiel est assuré

La batterie 460 Wh offre des performances relativement honnêtes. Elles sont bien sûr dépendantes d’un grand nombre de facteurs tels que l’intensité du coup de pédale, le gabarit du cycliste, le type de parcours, la température extérieure et même la pression des pneus. Dans notre cas, en oscillant entre le niveau 2 et 3 d’assistance (sur un maximum de quatre, donc), nous sommes parvenus à dépasser les 50 km parcourus. 

En forêt, sur terrain bien vallonné et boueux, au niveau maximum d’assistance, l’autonomie a chuté à 40 km. Au final et compte tenu du prix de ce VTTAE, cette batterie paraît suffisante pour la plupart des balades. En montagne, en revanche, l’E-Summit 740 risque de souffrir par rapport à ses concurrents plus onéreux. 

Prix et bonus écologique

Aux premières heures de sa commercialisation, quelques rares privilégiés ont pu s’offrir l’E-Summit 740 à moins de 1 500 euros. Mais très rapidement Intersport a modifié son tarif pour le positionner à 1599 euros, son prix à l’heure de ce test. Même sans les divers coups de pouce écologiques (qui dans certaines régions atteignent les 500 euros), le VTTAE haut de gamme d’Intersport offre un excellent rapport qualité/prix et une très bonne porte d’entrée vers le VTT électrique.
A moins de 2 000 euros, l’E-Summit semble presque sans concurrence. Même chez Decathlon, un Rockrider E-ST500 V2 ne peut tenir la comparaison, la faute à un moteur central, une batterie moins intégrée et un comportement moteur en retrait. 

Source: 01net

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