Huawei aurait la capacité d’espionner les réseaux de télécoms

Le quotidien The Wall Street Journal s’est entretenu avec le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, qui affirme que Huawei est secrètement capable d’accéder à des informations sensibles et personnelles dans les infrastructures qu’il gère et qu’il vend partout dans le monde.

Selon lui, l’entreprise aurait accès aux portes dérobées (backdoors) censées être utilisées par les forces de l’ordre depuis au moins dix ans.

Les États-Unis affirment d’ailleurs avoir transmis des preuves à cet effet à l’Allemagne et au Royaume-Uni en 2019. Rappelons que le pays a placé Huawei sur une liste noire, lui fermant le marché des produits américains, et tente depuis plusieurs mois de dissuader ses pays alliés de le faire participer au déploiement de la 5G.

La population canadienne contre, mais…

Ces révélations font surface alors qu’un sondage de l’Institut Angus Reid rapporte que 56 % de la population canadienne invitent le gouvernement fédéral à écarter Huawei de l’implantation du 5G au pays, comme l’ont déjà fait les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Seulement 10 % des personnes interrogées feraient confiance à Huawei pour l’ensemble du mandat alors que 34 % lui confieraient un mandat partiel, à l’image de ce qui a été décidé au Royaume-Uni.

L’opposition à Huawei est plus forte dans l’ouest du Canada alors qu’au Québec, environ la moitié des répondantes et répondants sont disposés à une ouverture au moins partielle.

Le gouvernement du Canada n’a pas rendu annoncé sa décision, mais la semaine dernière, le géant des télécommunications Bell a annoncé la signature de son premier accord d’approvisionnement en équipement pour son réseau sans fil 5G avec Nokia.

Le sondage a été mené du 3 au 5 février auprès de 1505 personnes. La marge d’erreur probable avec un échantillon de cette taille équivaut à plus ou moins 2 %, 19 fois sur 20.

L’affaire Meng Wanzhou

Huawei d’ailleurs est au centre d’un conflit diplomatique opposant le Canada et la Chine.

En décembre 2018, la directrice financière de l’entreprise, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver à la demande des États-Unis, qui réclamaient son extradition pour la juger. Quelques jours plus tard, deux Canadiens ont été jetés en prison en Chine.

La femme d’affaires est accusée par les États-Unis d’avoir menti à la Banque HSBC sur les liens unissant Huawei à sa filiale SkyCom, qui faisait affaire en Iran. Cela contreviendrait aux sanctions imposées à l’Iran par les États-Unis, mais la principale intéressée a toujours nié ces faits.

L’audition d’extradition de Meng Wanzhou a débuté à la fin de janvier à la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

À lire aussi :

Avec les informations de The Wall Street Journal, La Presse canadienne, Agence France-Presse, et CNet

Source: Radio-Canada | Techno

One comment

  1. Pour moi ça ne fait aucun doute que Huawei pourra espionner n’importe qui via les réseaux. Les USA l’ont fait pendant des années et continuent surement de le faire encore aujourd’hui, pourquoi les choses seraient différentes avec Huawei. La question n’est pas de savoir si oui ou non nous serons espionnés mais plutôt de choisir par qui on sera espionné.

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