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Frustrés par Twitter, les partisans de Trump affluent vers le média social Parler

 

L’application Parler – dont le nom est emprunté à la langue française – existe depuis 2018, mais n’avait jusqu’à récemment pas fait trop de vagues dans le paysage médiatique.

Toutefois, dans la dernière semaine, le nombre de personnes qui utilisent l’application est passé de 1 million à 1,5 million, selon son fondateur John Matze, coiffant Twitter au deuxième rang des applications de nouvelles les plus populaires sur l’App Store.

Selon CNBC, cette vague de popularité aurait été déclenchée par un article publié mercredi dernier dans le Wall Street Journal, qui affirmait que l’administration Trump était à la recherche d’autres options pour éviter Facebook et Twitter, craignant que les deux réseaux sociaux majeurs signalent de plus en plus les contenus du président. Le journal avait évoqué Parler comme solution de rechange.

En fait, Parler était déjà bien connu dans le milieu conservateur. Des personnalités de droite – comme le fils du président Eric Trump; le sénateur Ted Cruz; l’avocat de Trump, Rudy Giuliani, et le directeur de la campagne de réélection du président, Brad Parscale – ont des comptes sur Parler depuis quelque temps déjà. D’ailleurs, Brad Parscale a tweeté le 18 juin que les jours de Twitter étaient comptés.

Depuis mercredi, de nombreuses voix républicaines appellent les partisans de Trump à bouder les réseaux sociaux bien établis et à se joindre à eux sur Parler.

Ironiquement, plusieurs d’entre elles utilisent Twitter pour lancer cet appel, comme le sénateur Rand Paul, qui a tweeté : Il est grand temps que vous vous joigniez à moi sur Parler. Qu’est-ce qui vous prend autant de temps?

Des voix conservatrices déçues par la Silicon Valley

Comme Twitter, Parler permet aux internautes de publier des commentaires, des photos et des nouvelles avec les personnes qui sont abonnées à leur compte.

L’application se présente comme un bastion de la liberté d’expression. Son fondateur, John Matze, un développeur de logiciels de 27 ans, a déclaré à CNBC : Ce n’est pas la responsabilité de Parler de donner son avis sur des sujets politiques. Nous croyons en la liberté d’expression et en des élections justes, point final.

Cela ne veut pas dire qu’absolument tout est permis sur la plateforme, qui a tout de même un guide de pratiques à respecter. Entre autres, l’application ne permet pas le soutien à des organisations terroristes, la publication de fausses rumeurs, le langage violent envers les autres, le chantage ou la pornographie.

Portrait du jeune homme en complet à l'extérieur devant des arbres.

John Matze, 27 ans, a lancé Parler en août 2018, présentant son application comme une solution de rechange à Twitter.

Photo : Parler / John Matze

Si Matze affirme n’être affilié à aucun parti, il est conscient que le public qu’il touche est bien à droite du spectre politique. Les voix libérales ne représentent qu’une infime partie des comptes sur Parler, selon lui.

Parler s’adresse donc aux personnes conservatrices, qui sont de plus en plus critiques de Twitter depuis que l’entreprise a commencé à masquer les tweets du président pour apologie de la violence ou à les signaler comme publications trompeuses. Les partisans de Trump affirment depuis longtemps que les plateformes dominantes de la Silicon Valley tentent de museler les voix plus conservatrices.

L’opinion est partagée par Matze. Je ne vois pas pourquoi il faudrait censurer les tweets du président. Si vous n’aimez pas ce qu’il a à dire, allez voter pour le sortir de la Maison-Blanche, a-t-il affirmé à CNBC.

20 000 $ pour trouver une voix progressiste

Peu importe ses propres inclinations politiques, John Matze ne veut pas que son application devienne une chambre d’écho pour les voix conservatrices. Il désire plutôt favoriser un débat sain.

Il souhaite d’ailleurs que des personnes plus libérales se joignent à la plateforme. À un point tel qu’il offre une prime progressiste de 20 000 $ pour amener sur Parler une voix ouvertement libérale qui a au moins 50 000 personnes abonnées sur Twitter ou Facebook.

Cette entreprise n’a jamais voulu être un truc pro-Trump, explique-t-il. Une grande partie des membres de l’auditoire sont pro-Trump, mais je m’en fous. Dans tous les cas, je ne les juge pas.

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Source: Radio-Canada | Techno

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