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Comment la pénurie de composants basiques met à mal toute la chaîne électronique

Des consoles aux cartes graphiques, des ordinateurs aux voitures, la pénurie de processeurs de dernière génération a été largement couverte. Mais elle touche aussi des composants conçus avec des procédés moins complexes, comme les contrôleurs d’écran – display driver en anglais.

Dans un long article, deux reporters de Bloomberg mettent en lumière la raréfaction de ce petit composant en charge de piloter l’arrivée des informations envoyées par un système à un écran. Des puces moins complexes que les super processeurs gravés en 5 et 7 nm des Apple, AMD et autres, mais dont le manque est tout aussi bloquant. Car si vous avez tous les composants de votre appareil mais pas le contrôleur d’écran, le produit ne peut tout simplement pas être assemblé.

La pénurie de ces composants est née d’une triple mauvaise conjoncture : la pandémie, évidemment, mais aussi l’explosion de la demande (on met des écrans absolument partout de nos jours) et des incidents industriels. Tel des incendies et explosions dans des usines japonaises et coréennes fournissant la matière première de ces puces, le verre très pur à la base de toutes les « galettes » (wafers) de silicium.   

Une des limites importantes passée sous les écrans radars, c’est le process de fabrication des puces. Alors que TSMC, Intel et les autres mettent des milliards dans des outils de production en 7,5 voire 3 nm, les puces moins « critiques » sont conçues avec des procédés plus anciens. De la taille des wafers – 8 pouces au lieu de 12 pouces – à la finesse de gravure – plutôt entre 90 et 28 nm – les puces non critiques sont abordables parce qu’elles utilisent des composés et des procédés éprouvés, permettant d’approcher un rendement proche de 100%. Ce qui contraste avec les SoC de smartphones, infiniment plus complexes, mais avec des taux de déchets plus élevés.

Seulement voilà, les industriels regardant vers le futur, ils investissent des milliards pour des puces à forte valeur ajoutée, pas pour des contrôleurs d’écrans à 1$ voire moins. Les coûts d’équipement sont actuellement tels que personne ne construit plus d’usines pour de telles puces – les infrastructures ont été amorties, les machines itou, la production n’est pas chère, mais personne n’ajoute de capacité.

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Et c’est là que le bât blesse : la demande explosant, les délais de livraison se rallongent… et il n’y a pas de porte de sortie par l’investissement. La seule solution envisageable, c’est que des composants passent sur des lignes de production de dernière génération. Ce afin que les lignes de production plus matures, autour de 22, 16 voire 14 nm, basculent vers de la production à moindre valeur ajoutée. Seulement la demande de puces est tellement énorme que personne n’a intérêt à libérer de la place sur ces lignes de production. En clair, la fin de la pénurie électronique n’est pas pour demain. Et ce sont les puces les moins chères et les plus simples à fabriquer qui vont poser le plus problème dans les moins qui viennent ! 

Source : Bloomberg

Source: 01net

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