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Vaccination contre le Covid-19 : effets secondaires, efficacité, prise de rendez-vous… Trouvez les réponses aux questions que vous vous posez

L’émergence de certains variants (B.1.1.7 identifié au Royaume-Uni, B.1.351 identifié en Afrique du Sud, P.1 identifié au Brésil, B.1.617 identifié en Inde…) met à l’épreuve les vaccins disponibles sur le marché. Ces variants comportent en effet de petites mutations sur la zone du virus ciblée par les anticorps développés grâce à la vaccination. Ceci peut donc diminuer potentiellement l’efficacité des vaccins sur le virus.

Pour le variant B.1.1.7 (identifié au Royaume-Uni), le vaccin de Pfizer-BioNTech reste efficace contre ce variant désormais responsable de la majorité des nouveaux cas dans de nombreux pays, dont la France. Une étude in vitro, publiée dans la revue Nature (en anglais) en mars, suggère que l’activité neutralisante contre ce variant n’a pas été modifiée. Une autre étude in vitro, parue dans le New England Journal of Medicine (en anglais), le confirme également. Les données d’une vaste étude en vie réelle menée en Israël, publiées le 5 mai dans la revue The Lancet, suggèrent une protection de l’ordre de 95,3% de ce vaccin contre les contaminations, de 97,2% contre les hospitalisations et à 96,7% contre les décès. Le 10 mai, le laboratoire BioNTech juge qu’à ce jour une modification de son vaccin pour contrer les principaux variants n’est pas “nécessaire”, mais assure développer “une stratégie complète pour faire face à ces variants si le besoin s’en faisait sentir à l’avenir”.

Après une étude in vitro, fin janvier, Moderna affirmait déjà dans un communiqué (en anglais) que son vaccin permettait de neutraliser ce variant, même avec un nombre d’anticorps réduit. Même chose pour le vaccin d’AstraZeneca. Des essais cliniques menés au Royaume-Uni ont montré “une protection contre les infections symptomatiques similaire malgré une quantité moins élevée d’anticorps neutralisants”, indiquait début février l’université d’Oxford.

Pour le variant B.1.351 (identifié en Afrique du Sud). Les vaccins à ARN messager (Pfizer-BioNTech, Moderna) conservent une efficacité, selon le Conseil scientifique qui mentionne toutefois une “diminution de 30% environ” de la capacité à induire des anticorps. Des données encourageantes concernant le vaccin de Pfizer-BioNTech, et issues de la campagne de vaccination au Qatar, ont été publiées le 5 mai dans le New England Journal of Medicine (en anglais). Elles suggèrent une protection de l’ordre de 75% contre une contamination à ce variant et de 97,4% contre les formes graves.

Lors d’un essai clinique de phase 3 ****du vaccin de Janssen (filiale de Johnson & Johnson), mené dans plusieurs pays, l’immunité acquise était de l’ordre de 81,7% pour les formes graves en Afrique du Sud (85% tous pays de l’essai confondus). Mais cette efficacité tombait à 64% pour prévenir les formes modérées à sévères de la maladie en Afrique du Sud (66% tous pays de l’essai confondus).

Le vaccin d’AstraZeneca ne montre pas de protection contre les formes légères ou modérées du Covid-19 provoquées par ce variant, selon une étude parue mi-mars dans le New England Journal of Medicine (en anglais). Début février, l’Afrique du Sud a d’ailleurs suspendu l’utilisation de ce vaccin, après une étude locale menée sur 2 000 participants jeunes qui montrait une efficacité de seulement 22% contre les formes modérées de la maladie causées par ce variant. On ne connaît pas encore le seuil de protection accordée par le vaccin d’AstraZeneca contre les formes sévères.

“Dans l’attente d’un éclairage scientifique plus complet sur le sujet”, *la Haute Autorité de santé a préconisé, début avril, de privilégier les vaccins de Pfizer, de Moderna ou de Janssen dans les territoires où le variant B.1.351 est “significativement présent”*. Plusieurs départements d’outre-mer, ainsi que la Moselle, sont concernés.

Pour le variant P.1 (Brésil). Minoritaire en France, le variant P.1 dispose de mutations similaires à celles observées dans le variant B.1.351, le rendant plus transmissible, mais aussi plus difficile à freiner. L’une de ses mutations lui permettrait de contourner plus facilement que d’autres formes du virus les anticorps, ce qui aurait “un impact sur l’échappement immunitaire post-infection et post-vaccination”, note Santé publique France dans une analyse de la circulation des variants mise à jour le 8 avril (PDF). Les données sur le sujet sont encore partielles.

Pour le variant B.1.617 (Inde). En France, les premiers cas de contamination au variant B.1.617 ont été détectés fin avril. Ce variant est porteur de deux mutations qui “pourraient être associées” à une moins bonne efficacité des vaccins et à un risque accru de transmission du virus, note Santé publique France dans une analyse mise à jour le 30 avril. SPF précise toutefois que “ces éléments ne sont pas encore formellement démontrés à ce stade”. “Aucune donnée solide” sur l’efficacité des vaccins face à ce variant “n’est disponible”, confirme le Conseil scientifique dans son avis du 23 avril.

Source: Franceinfo – Société

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