Société

Malgré la COVID-19, des immigrants et immigrantes viennent pour travailler en CHSLD

 

Le CISSS de Chaudière-Appalaches reçoit cette année une trentaine de préposés originaires de Tunisie. Un défi d’intégration et de formation pour les établissements et pour les recrues, dont plusieurs caressent le rêve de s’établir ici.

Deux mois après avoir quitté sa Tunisie natale, Bilel Guenbri ne semble pas avoir de regrets. J’ai laissé ma famille et mes amis pour reconstruire une nouvelle vie, explique-t-il.

Infirmier dans son pays d’origine, l’homme de 25 ans est heureux de travailler comme préposé aux bénéficiaires au CHSLD de Lévis. En Tunisie, les infirmiers font aussi le travail de préposé. Et en plus, j’aime les personnes âgées, donc ça ne me dérange pas, dit-il.

Bilel fait partie d’un important contingent de 31 Tunisiens recrutés par le CISSS de Chaudière-Appalaches cette année. Un projet mûri depuis longtemps par l’établissement, qui fait encore face à une importante pénurie de main-d’œuvre.

Ce sont des gens compétents, qui ont une grande facilité de communication, assure Line Côté, directrice de l’hébergement au CHSLD de Lévis.

Plusieurs établissements cherchent des préposés en Tunisie, qui a la réputation d’offrir de bonnes formations dans le domaine de la santé.

Mahdi Mallek faisait de la physiothérapie en Tunisie. J’ai fait un virage à 180 degrés pour devenir préposé, mais on m’a offert une très bonne formation à mon arrivée.

Arrivé en janvier dernier avec sa femme et ses enfants, il dit vouloir rester longtemps.

Une intégration en douceur

Reste que certains petits obstacles peuvent surgir. Même si les Tunisiens parlent un excellent français, les différences d’accent peuvent se faire entendre.

Au début, on ne se comprenait pas. J’ai réalisé que je parlais trop vite!, dit Louise Guérard.

Forte de son expérience de 19 ans dans le domaine, elle a supervisé la formation pratique de Bilel Guenbri. À les voir discuter ensemble, on comprend que les échanges ont évolué.

À la longue, on a même échangé quelques recettes ensemble. J’ai maintenant sa belle recette de couscous, raconte-t-elle.

Parce que l’intégration sociale fait aussi partie de la tâche du CISSS de Chaudière-Appalaches. Un soutien a été apporté pour trouver un logement, faire l’épicerie ou même trouver une institution financière, précise Line Côté du CHSLD de Lévis.

Avec la pénurie de personnel, la rétention de ces nouveaux arrivants est une priorité. Ils font partie de notre famille et on espère qu’ils vont nous adopter longtemps, dit Mme Côté.

Louise Guérard

Louise Guérard

Photo : Radio-Canada

Une dizaine d’autres établissements souhaitent être adoptés par des préposés recrutés à l’étranger. Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue veut recruter 45 étrangers pour travailler comme préposés aux bénéficiaires. Lanaudière en cherche 50 et les établissements de la Montérégie en veulent plus de 80.

Au total, c’est donc environ 300 préposés recrutés à l’étranger qui doivent arriver cette année. De plus, Québec a annoncé en juin la préparation d’un programme d’immigration destiné spécifiquement à d’éventuels préposés.

Bilel Guenbri constate que le niveau de vie au Canada peut être un incitatif à immigrer pour les étrangers. Mais pour lui, le principal incitatif à rester ici est autre. Le Canada, c’est le pays de la liberté d’expression. C’est que je trouve le plus important ici.

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Source: Radio-Canada | Societe

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