Société

La magie de la photographie urbaine

La photographie urbaine, appelée « street photography », est la dernière tendance chez les photographes. Montréal n’échappe pas à la popularité de cette forme d’art, démocratisée par les réseaux sociaux. Notre photographe Martin Tremblay, qui a exploré ce style, présente ses conseils, en plus de rencontrer quatre photographes qui se démarquent.

Publié le 6 juin 2021 à 13h00

Martin Tremblay

Martin Tremblay La Presse

Dix conseils pour immortaliser le monde de la rue

La photographie urbaine prend ses racines dans les débuts de la photographie. Un des pionniers, Henri Cartier-Bresson, a inspiré plusieurs générations. Son célèbre « saisir l’instant décisif » est une référence. Aujourd’hui, la photographie urbaine est portée par la démocratisation de la technique et de la diffusion. C’est l’œil de celui qui tient l’appareil qui fera la différence. Voici nos conseils.

La patience

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

J’ai attendu longtemps devant cette scène sous le pont ferroviaire de la rue William, dans Griffintown. En quittant les lieux après avoir pris plusieurs photos, j’ai remarqué un enfant en tricycle poussé par son père une rue plus loin. J’ai couru me repositionner à l’endroit, espérant leur passage, et puis la magie arriva.

Les formes

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Utiliser l’architecture des bâtiments et les formes développées par la lumière sont des approches qui donnent souvent de bons résultats. Les textures sur un mur combinées à la silhouette d’un passant forment une cohésion visuelle intéressante.

La lumière

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

La déflexion du soleil dans une vitre d’un immeuble du centre-ville compose cette forme graphique sur la chaussée du boulevard De Maisonneuve. La lumière est évidemment à la base de toute photographie, mais en photo urbaine, sa présence est souvent accentuée.

Le détail

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Trouver un élément spécial et le mettre en évidence est une bonne façon d’étonner. Comme ici, rue Saint-Hubert, où ce ballon de fête ajoute un élément amusant.

La couleur

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Utiliser la couleur comme élément principal est une bonne idée. Un rappel de couleur ou une couleur isolée par les contrastes forme un équilibre dans l’image. Pour cette photo, j’ai préparé mon cadre et j’ai attendu qu’une personne passe avec du jaune. Encore une fois, la patience a été payante.

Les ombres

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Des zones d’ombres très noires sont efficaces pour un effet dramatique qui aide à diriger l’œil sur le sujet. L’ombre peut être modelée de milliers de façons. Combinée à des textures, cela ajoute à l’impact de l’image.

Les gens

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Il est toujours efficace de photographier des passants. Nous devons toutefois leur demander la permission. J’explique alors aux personnes la raison pour laquelle je vais publier la photo, et habituellement, les gens collaborent. Audrey Bertrand, Charles Grandmaison et leur chien Rambo ont été photographiés rue Sainte-Catherine plus tôt ce printemps.

Le plaisir !

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Parfois, il ne faut pas trop se questionner ou attendre de trouver le bon équipement pour faire des photos intéressantes. Marcher et découvrir la ville sous un autre œil donne souvent les meilleurs résultats.

L’heure dorée

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Le terme photographique « golden hour » fait référence à la lumière de fin de journée. Cette lumière chaude au lever ou au coucher du soleil est la préférée des photographes et donne toujours de beaux résultats.

La nuit

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les photos prises le soir sont souvent mystérieuses et dégagent bien souvent une ambiance cinématographique. Les nouveaux appareils permettent des prises de vue dans des lumières très faibles. La qualité demeure excellente même au-delà des 4000 ISO.

Inspirés par la rue

La communauté des photographes urbains montréalaise est prolifique. Nous en avons rencontré quatre qui se démarquent sur Instagram par la qualité de leur travail. Ils nous révèlent leur secret de photographe et leur lieu préféré pour prendre des photos à Montréal.

Jeune et curieux

Matias Renaud

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Matias Renaud

Instagram : @matrnaud

Endroit préféré : la rue Sainte-Catherine

Conseils : ne pas faire attention au matériel photo. Prendre son téléphone ou acheter un appareil bon marché et l’avoir toujours avec soi.

  • C’est en regardant Instagram que Matias Renaud, 16 ans, a été inspiré par la photographie urbaine. 
C’est depuis l’âge de 12 ans que le jeune artiste parcourt les rues du centre-ville de Montréal.

    PHOTO FOURNIE PAR MATIAS RENAUD

    C’est en regardant Instagram que Matias Renaud, 16 ans, a été inspiré par la photographie urbaine. 
C’est depuis l’âge de 12 ans que le jeune artiste parcourt les rues du centre-ville de Montréal.

  • Il a commencé avec son téléphone, puis avec un appareil photo Fuji X100F et un objectif de 23 mm.

    PHOTO FOURNIE PAR MATIAS RENAUD

    Il a commencé avec son téléphone, puis avec un appareil photo Fuji X100F et un objectif de 23 mm.

  • Son passe-temps est devenu une passion et il sort prendre des photos dans la rue toutes les fins de semaine.

    PHOTO FOURNIE PAR MATIAS RENAUD

    Son passe-temps est devenu une passion et il sort prendre des photos dans la rue toutes les fins de semaine.

  • Matias a choisi le noir et blanc pour mieux faire ressortir les ombres, la lumière et le contraste.

    PHOTO FOURNIE PAR MATIAS RENAUD

    Matias a choisi le noir et blanc pour mieux faire ressortir les ombres, la lumière et le contraste.

  • Le jeune homme aime capter l’instant présent du quotidien avec sa perception toute personnelle.

    PHOTO FOURNIE PAR MATIAS RENAUD

    Le jeune homme aime capter l’instant présent du quotidien avec sa perception toute personnelle.

Tout en texture

Étienne Bégin-Thibault

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Le photographe urbain montréalais Étienne Bégin-Thibault

Instagram : @8tiennebt

Endroit préféré : le Parc olympique

Conseil : trouver ce qui est surprenant en prenant le temps d’observer

  • L’enseignant au collège Jean-de-Brébeuf se passionne pour la photographie urbaine 
depuis la préparation d’un cours sur la photographie.

    PHOTO FOURNIE PAR ÉTIENNE BÉGIN-THIBAULT

    L’enseignant au collège Jean-de-Brébeuf se passionne pour la photographie urbaine 
depuis la préparation d’un cours sur la photographie.

  • Sa passion l’a même amené à organiser des voyages pédagogiques à New York 
où les élèves devaient faire un projet de photo de rue.

    PHOTO FOURNIE PAR ÉTIENNE BÉGIN-THIBAULT

    Sa passion l’a même amené à organiser des voyages pédagogiques à New York 
où les élèves devaient faire un projet de photo de rue.

  • Il fait deux sorties par semaine dans un lieu déterminé d’avance où il improvise par la suite.

    PHOTO FOURNIE PAR ÉTIENNE BÉGIN-THIBAULT

    Il fait deux sorties par semaine dans un lieu déterminé d’avance où il improvise par la suite.

  • Il recherche particulièrement des jeux de lumière, des formes et des textures.

    PHOTO FOURNIE PAR ÉTIENNE BÉGIN-THIBAULT

    Il recherche particulièrement des jeux de lumière, des formes et des textures.

  • Son secret : trouver un cadre intéressant et attendre que quelque chose se passe.

    PHOTO FOURNIE PAR ÉTIENNE BÉGIN-THIBAULT

    Son secret : trouver un cadre intéressant et attendre que quelque chose se passe.

Le froid comme muse

Freddy Arciniegas

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Freddy Arciniegas

Instagram : @Arcpixel

Endroit préféré : le Vieux-Montréal et la rue Saint-Paul

Conseil : faire des photos au lever ou au coucher du soleil

  • Originaire de la Colombie, le graphiste de formation est arrivé au Québec il y a huit ans.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Originaire de la Colombie, le graphiste de formation est arrivé au Québec il y a huit ans.

  • Il a découvert la photographie urbaine comme une façon de s’approprier sa ville d’adoption.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Il a découvert la photographie urbaine comme une façon de s’approprier sa ville d’adoption.

  • Impossible en Colombie de se promener avec tout son matériel photo dans la rue.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Impossible en Colombie de se promener avec tout son matériel photo dans la rue.

  • Il découvre à Montréal le plaisir de parcourir les rues en créant des images surprenantes.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Il découvre à Montréal le plaisir de parcourir les rues en créant des images surprenantes.

  • Sa saison préférée pour la photo est l’hiver, à - 20 °C.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Sa saison préférée pour la photo est l’hiver, à – 20 °C.

  • Il est aujourd’hui devenu photographe professionnel. Son secret : patience, patience, patience.

    PHOTO FOURNIE PAR FREDDY ARCINIEGAS

    Il est aujourd’hui devenu photographe professionnel. Son secret : patience, patience, patience.

Mystérieux photographe

Instagram : @jyclal

Endroit préféré : le centre-ville dans le secteur de la place Riopelle

Conseils : rechercher une lumière spéciale. Faire des photos le plus souvent possible. Ne pas avoir peur de remplir ses cartes mémoire.

  • Jyclal est le plus mystérieux des photographes urbains de Montréal : il désire demeurer dans l’ombre de son nom d’instagrameur. L’homme de 46 ans travaille dans le domaine de la santé.

    PHOTO FOURNIE PAR JYCLAL

    Jyclal est le plus mystérieux des photographes urbains de Montréal : il désire demeurer dans l’ombre de son nom d’instagrameur. L’homme de 46 ans travaille dans le domaine de la santé.

  • Il fait de la photo de rue sérieusement depuis 15 ans. Il est motivé en premier 
par son amour pour Montréal et a toujours voulu rendre la ville la plus belle possible.

    PHOTO FOURNIE PAR JYCLAL

    Il fait de la photo de rue sérieusement depuis 15 ans. Il est motivé en premier 
par son amour pour Montréal et a toujours voulu rendre la ville la plus belle possible.

  • L’encouragement venant des médias sociaux l’a motivé à pousser sa pratique d’une façon plus sérieuse. 
Instagram est pour lui le meilleur endroit pour publier et se faire voir.

    PHOTO FOURNIE PAR JYCLAL

    L’encouragement venant des médias sociaux l’a motivé à pousser sa pratique d’une façon plus sérieuse. 
Instagram est pour lui le meilleur endroit pour publier et se faire voir.

  • Chaque année, il prend des milliers de photos de la métropole.

    PHOTO FOURNIE PAR JYCLAL

    Chaque année, il prend des milliers de photos de la métropole.

  • Son secret : utiliser un ISO plus élevé permet d’obtenir une vitesse d’obturation plus rapide 
pour s’assurer une plus grande netteté dans les mouvements.

    PHOTO FOURNIE PAR JYCLAL

    Son secret : utiliser un ISO plus élevé permet d’obtenir une vitesse d’obturation plus rapide 
pour s’assurer une plus grande netteté dans les mouvements.

Source: LaPresse.ca – Société

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