Société

C’est plus qu’un jardin | Sur la voie de l’autosuffisance

Après le succès des Fermiers, Jean-Martin Fortier replonge dans son élément — la terre nourricière — avec C’est plus qu’un jardin, présentée dès ce jeudi sur Unis TV. Dans cette série documentaire, le maraîcher et auteur guide deux familles sur la voie de l’autosuffisance, élève le débat sur l’environnement et donne le goût de changer le monde, un coup de pelle à la fois.

Publié le 8 avril 2021 à 11h00

Isabelle Morin Isabelle Morin
La Presse

Si l’envie de faire pousser vos repas dans votre potager ou de récolter vos œufs à même votre poulailler vous a un jour traversé l’esprit, il est probable que vous trouviez ici matière à nourrir votre imaginaire, ainsi que l’inspiration pour passer à l’action. Si ce n’est pas le cas, parions que vous aurez du mal à résister à l’enthousiasme des deux familles qui se prêtent corps et âme à l’expérience de l’autosuffisance.

C’est le cas d’Édith Cochrane et d’Emmanuel Bilodeau, accompagnés de leurs trois enfants, qui, dans leur chalet des Laurentides, souhaitaient profiter d’une pause obligée en temps de COVID-19 pour ralentir le rythme et se pencher sur la crise climatique qui sévit en filigrane de la pandémie. La famille avait déjà planté des semis (sans grand succès) dans l’espoir de récolter des légumes sur son terrain (ombragé). Le projet proposé par la maison de production Attraction tombait à point. Le couple a plongé dans l’aventure à bras ouverts.

  • La famille Cochrane-Bilodeau

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    La famille Cochrane-Bilodeau

  • Les membres de la famille devant le poulailler aménagé sur le terrain de leur chalet des Laurentides

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    Les membres de la famille devant le poulailler aménagé sur le terrain de leur chalet des Laurentides

  • Des plantes comestibles dans un jardin d’ombre : c’est possible ? Oui, comme nous l’apprendrons au fil de l’émission. Guidée par Dany Bouchard, la famille Cochrane-Bilodeau en fait la démonstration.

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    Des plantes comestibles dans un jardin d’ombre : c’est possible ? Oui, comme nous l’apprendrons au fil de l’émission. Guidée par Dany Bouchard, la famille Cochrane-Bilodeau en fait la démonstration.

  • « Participer à un cycle complet, comme de fabriquer un bol qu’on finit par utiliser, c’est extrêmement satisfaisant. Quand tu sais comment faire, c’est une liberté gratifiante », affirme Édith Cochrane.

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    « Participer à un cycle complet, comme de fabriquer un bol qu’on finit par utiliser, c’est extrêmement satisfaisant. Quand tu sais comment faire, c’est une liberté gratifiante », affirme Édith Cochrane.

La série explore, bien au-delà du potager, différents moyens de préserver les ressources naturelles et de s’affranchir d’un système dont les rouages grincent fortement, souligne Jean-Martin Fortier, qui aborde différents enjeux de société et de consommation au fil des rencontres avec les familles.

L’idée, c’est de s’approvisionner nous-mêmes dans la mesure du possible, d’acheter à proximité et de conserver plus longtemps.

Jean-Martin Fortier

Au fil des épisodes, la famille Cochrane-Bilodeau explore différents moyens de s’affranchir des grands systèmes. Elle s’initie notamment à l’usage d’une toilette à compost, se lance dans la poterie, l’élevage de grillons, fabrique un four à pain et mène ainsi 13 projets de front, entourée d’une équipe d’experts dont Dany Bouchard, de L’Académie potagère, qui fait partager ses astuces sur le terrain.

« On est vraiment des crinqués écolos. L’idée de parler d’achats locaux, d’entraide communautaire, d’autosuffisance, et de pouvoir partager ce savoir avec nos enfants, nos voisins et nos amis, ça nous ravissait complètement. Mais on a aussi une famille et on fait surtout ce qu’on peut », souligne Emmanuel Bilodeau, qui revendique le droit aux faux pas.

Transmettre le goût de faire

À son arrivée à Belœil, il y a trois ans, la famille Lucas-Bédard a quant à elle planté des framboises et des tomates. Ensuite, ce furent des haricots et des concombres.

  • La famille Lucas-Bédard

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    La famille Lucas-Bédard

  • Découvrir les légumes qu’on a soi-même fait pousser : magique pour les petits et les grands

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    Découvrir les légumes qu’on a soi-même fait pousser : magique pour les petits et les grands

  • Caroline Bédard en compagnie de Dany Bouchard dans la serre aménagée pour améliorer la production

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    Caroline Bédard en compagnie de Dany Bouchard dans la serre aménagée pour améliorer la production

  • Le défi du potager est souvent le temps. « À la fin de la journée, on se retrouvait au jardin avec les enfants à faire des petites corvées. Est-ce que c’est soutenable à long terme ? Je pense que oui », estime Jonathan Lucas.

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    Le défi du potager est souvent le temps. « À la fin de la journée, on se retrouvait au jardin avec les enfants à faire des petites corvées. Est-ce que c’est soutenable à long terme ? Je pense que oui », estime Jonathan Lucas.

Les Lucas-Bédard projetaient cette fois de construire un grand jardin pour fournir la famille en légumes frais et bios durant l’été et même une partie de l’hiver, en se lançant dans la préservation des récoltes. Ils ont non seulement détourbé pour faire un grand jardin, mais aussi ajouté une serre au terrain.

C’est important pour nous que nos enfants comprennent que la nourriture n’apparaît pas sur les tablettes d’épicerie. Se retrouver dans le potager à la fin de la journée, il y a ce feeling de projet familial qui nous a rapprochés.

Jonathan Lucas

Jean-Martin Fortier a lui-même grandi en banlieue dans une famille qui n’avait rien de « granole », précise-t-il. À l’université, il a étudié et développé son sens critique avant de passer aux choses concrètes et de construire sa maison à la campagne, de faire son potager et son tofu, d’élever des animaux, de démarrer sa ferme (la Ferme des Quatre-Temps) et de semer des idées qui puisent dans le passé pour aller de l’avant.

« Nos parents ont embrassé la modernité parce que c’était ça à leur époque. On a perdu le fait de faire des confitures avec mamie et beaucoup de choses qui étaient belles de notre passé. Il y a quelque chose de beau qui cherche à renaître et qui est important, dit-il. Beaucoup de gens ne doutent plus qu’il y a des changements climatiques. Ils se posent des questions et cherchent des façons de s’impliquer et d’être dans la solution, non pas dans le problème. »

Il y a par ailleurs quelque chose de hautement satisfaisant dans le fait de ne pas dépendre tout le temps des systèmes pour vivre et d’obtenir un résultat à partir de ce qu’on a soi-même fabriqué. « Cet hiver, on a mangé les carottes de notre potager. C’est magique de voir la fierté chez nos enfants qui savent que c’est eux qui les ont plantées. Ils sont encore plus fiers et contents de les manger ! », raconte Caroline Bédard, dont la famille prévoit cette année revoir ses façons de semer et mettre des fleurs pour attirer les abeilles dans leurs ruches.

Le projet a été structurant et fédérateur chez les Cochrane-Bilodeau.

L’autosuffisance, c’est aussi la transmission d’un savoir. Il y a aussi toute cette idée de participer à un mouvement et de se commettre auprès de nos enfants dans un désir de cohérence.

Édith Cochrane

On ne devient pas autosuffisants du jour au lendemain, mais un pas à la fois. « Si on veut que la société fasse des pas dans ce sens, ça commence par plusieurs individus qui font des pas par eux-mêmes. Éventuellement, on sera plusieurs à penser ça et à le faire », ajoute Jean-Martin Fortier en espérant que la série inspire de petits changements dans les gestes. C’est plus qu’un jardin a d’ailleurs reçu le feu vert pour une deuxième saison qui nous permettra de suivre les deux familles dans leurs apprentissages et leurs nouveaux projets. « C’est un peu comme ça qu’on avance : avec des gens qui sont transformés individuellement et plus il y en a, plus on crée un mouvement. »

C’est plus qu’un jardin est présentée dès ce jeudi soir, à 20 h, sur Unis TV.

Source: LaPresse.ca – Société

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