Science

Une molécule artificielle permet de tuer le virus de la grippe saisonnière

Le Pr Francesco Stellacci de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et ses collègues espèrent maintenant la création d’un médicament contre cette infection virale des voies respiratoires qui tue 3500 personnes chaque année au Canada.

Repères

  • La grippe est une maladie contagieuse commune;
  • Il existe quatre types de virus responsables de la grippe : A, B, C et D;
  • Les virus de la grippe A, B et C infectent les humains, tandis que celui de la grippe D frappe principalement les bovins et les porcs;
  • Le virus de type C est rare comparé aux virus de type A et B, principaux responsables des grippes saisonnières, qui circulent chaque hiver au pays;
  • Elle se propage par contact avec des personnes infectées ou des objets contaminés, comme une poignée de porte, un téléphone ou une rampe;
  • Elle peut être évitée par une vaccination annuelle.

Habituellement, les symptômes de la grippe ne durent qu’environ une semaine. Ils comprennent la fièvre, la toux, les maux de tête, l’écoulement nasal, les douleurs musculaires et la fatigue. Elle se traite en restant à la maison, en se reposant et en s’hydratant avec des liquides.

Dans les cas graves, surtout observés chez les personnes âgées et les jeunes enfants, les médecins prescrivent des médicaments antiviraux. Ces médicaments permettent d’amoindrir les symptômes, de raccourcir la maladie et d’aider à prévenir les complications telles que la pneumonie.

Dans certains cas encore plus graves, elle doit être combattue en milieu hospitalier. Environ 12 200 patients de la grippe sont traités annuellement dans les hôpitaux canadiens.

Les chercheurs mettent au point chaque année un nouveau vaccin visant à immuniser contre les souches qui, selon eux, seront les plus communes durant la prochaine saison.

Or, les vaccins grippaux annuels peuvent se révéler moins efficaces.

La grippe représente un risque élevé de pandémie.

Francesco Stellacci, EPFL

Pour cette raison, la création de médicaments comme le tamiflu peut limiter les effets d’une contagion massive.

Cependant, ces médicaments <q data-attributes=”{“lang”:{“value”:”fr”,”label”:”Français”},”value”:{“html”:”doivent être administrés dans les 36heures après l’infection”,”text”:”doivent être administrés dans les 36heures après l’infection”}}” lang=”fr”>doivent être administrés dans les 36 heures après l’infection, rappellent les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Advanced Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Après cette période, les médicaments ne sont plus actifs.

On arrive souvent trop tard pour prendre le tamiflu. De plus, pour se montrer vraiment fonctionnels, les médicaments antigrippaux devraient être virucides, c’est-à-dire inhiber de manière irréversible l’infection virale. Or ce n’est pas le cas, explique Francesco Stellacci dans un communiqué publié par l’EPFL.

Avec cette maladie, les chances de survie sont élevées, il faut donc un médicament avec très peu, voire pas d’effets secondaires, sinon cela ne vaut pas la peine de le prendre.

Francesco Stellacci

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Des molécules artificielles

Le virus s’attache naturellement aux membranes des cellules pour infecter une personne. Il se détache ensuite pour en contaminer d’autres.

Les antiviraux sur le marché attaquent le virus à l’intérieur des cellules et bloquent temporairement la réplication virale.

Les scientifiques suisses ont donc voulu concevoir de nouvelles molécules virucides fonctionnelles et non nocives pour neutraliser la grippe.

Ils ont développé une simple molécule de sucre modifiée imitant la membrane cellulaire humaine qui trompe le virus qui s’y accroche.

Notre molécule applique alors une pression locale qui le détruit. Cette réaction est irréversible.

Francesco Stellacci

Des tests menés sur des souris montrent que la réaction, qui se produit à l’extérieur des cellules, est efficace durant les premières 24 heures après l’infection.

Les chercheurs estiment que cette efficacité pourrait être supérieure à 36 heures chez l’humain.

Sur le même modèle animal, l’efficacité de l’oseltamivir (nom scientifique du tamiflu) est presque totalement perdue, explique le Pr Stellacci.

En outre, la molécule créée à l’EPFL possède l’avantage d’être à large spectre, c’est-à-dire qu’elle agit sur plusieurs types de grippes.

Ces travaux s’appliquent seulement à la grippe saisonnière et ne concernent pas le développement de traitements contre la COVID-19.

Source: Radio-Canada | Science

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