Science

Sursauts radio intergalactiques: un cycle, pas de réponse

Sursauts radio rapides (en anglais, Fast Radio Bursts, ou FRB). Le premier à avoir obtenu cette étiquette avait été détecté en 2007 (dans des archives d’observations remontant à 2001). Sa source serait à 3 milliards d’années-lumière. Problème: il n’avait duré que quelques millièmes de seconde, rendant impossible de pointer cette source avec précision. Depuis, plusieurs dizaines de FRB ont été détectés, mais il a fallu attendre 2018 pour en avoir un qui puisse être observé à plus de deux reprises. Et aujourd’hui, les astronomes se passionnent pour un autre, FRB 1809 (FRB 180916.J0158+65, de son nom complet), qui se répète à des intervalles de 16,35 jours. Son origine, déterminée par une collaboration entre le radiotélescope canadien CHIME et le réseau européen VLBI, se trouve dans un des bras d’une galaxie spirale située à 500 millions d’années-lumière: en fait, il semble qu’on puisse pointer son origine avec une « marge d’erreur » d’à peine quelques années-lumière.

Mais on n’a toujours pas la moindre idée de ce dont il s’agit. La région de la galaxie en question semble être riche en éléments chimiques dits « lourds » —en comparaison, le seul autre FRB « périodique » connu jusqu’ici a été découvert dans une galaxie naine pauvre en éléments lourds. La galaxie de FRB 1809 est 100 fois plus massive que l’autre. Bref, s’il y a quelque chose dans leurs environnements qui explique « l’allumage » de ces FRB, on ignore ce que c’est.

Le fait qu’il y ait un cycle réduit toutefois les possibilités: ce serait un objet qui, bien que d’une nature encore inconnue, tourne sur lui-même, en émettant un jet d’énergie très puissant qui, une fois tous les 16,35 jours, se trouve à pointer vers nous. Les pulsars, ou étoiles à neutrons, sont ce type de phénomène.

Mais la comparaison avec les étoiles à neutrons est incomplète, en ceci que le phénomène n’est pas systématiquement observé tous les 16,35 jours (il est possible qu’il se répète bel et bien, mais qu’il soit parfois trop faible pour être détecté). De plus, lorsqu’on le détecte, il s’étale sur une « phase active » de quatre jours. Autrement dit, il n’a pas la constance d’une étoile à neutrons —qui, pour cette raison, a souvent été comparée aux phares qui, jadis, guidaient les marins.  Les astronomes semblent privilégier l’idée qu’il s’agisse de deux objets dont l’un tourne autour de l’autre, comme une étoile à neutrons et un trou noir, mais ça n’expliquerait en rien la cause de ces « sursauts ».

Parmi les autres explications proposées au fil des années figure celle d’un signal envoyé par une civilisation extraterrestre. Parmi les explications plus sérieuses: une collision entre deux objets célestes massifs ou l’effondrement de l’un d’eux. Ou encore, une manifestation pour une première fois détectable de la mystérieuse matière sombre.

Source: Agence Science-Presse

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