Science

Les candidats à la vie dans le système solaire

Après sept mois de voyage, le rover Perseverance de la Nasa doit atterrir sur Mars jeudi, en quête de traces de vie ancienne. Dans le système solaire, d’autres astres, dont des lunes glacées, pourraient eux aussi abriter des formes de vie.

Les ingrédients du vivant

La clef de voûte de la quête du vivant est la présence d’eau liquide: on parle alors de “zone d’habitabilité” autour d’une étoile, c’est-à-dire la zone “où il est théoriquement possible, avec une pression atmosphérique suffisante, de maintenir de l’eau liquide en surface”, explique Athéna Coustenis, astrophysicienne et directrice de recherche CNRS à l’Observatoire de Paris-PSL.

Mais pour faire émerger de la vie, il faut davantage d’ingrédients. La planète doit contenir des molécules organiques, les +CHNOPS+ (carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore, soufre, ndlr)”, principaux composants du vivant, ajoute Michel Viso, exobiologiste au CNES, l’agence spatiale française.

Puis, pour que ces réactions puissent aboutir à un métabolisme, et donc au début de la vie, une source d’énergie est nécessaire. En surface, elle peut provenir du Soleil, et en profondeur, des réactions chimiques ou des effets de marée.

Lorsque l’eau, les molécules et l’énergie fusionnent dans un environnement stable, la vie a alors toutes les chances d’émerger.

Mars

La planète rouge, considérée comme la soeur jumelle de la Terre, aurait pu remplir ces critères il y a 3,5 à 4 milliards d’années. La Terre se trouve au beau milieu de la zone habitable de notre système solaire, qui a pu changer avec le temps.

“Comme le Soleil n’a pas toujours eu la même masse, la même énergie, Mars a très bien pu se trouver elle aussi dans cette zone habitable tôt dans son existence”, détaille Athéna Coustenis.

Un faisceau d’indices montre que de la vie a pu apparaître sur Mars, avant de s’éteindre après que la planète a perdu son atmosphère et ses océans, avancent certains scientifiques. De l’eau liquide a coulé en abondance à sa surface, c’est aujourd’hui une certitude. De grands dépôts de boue indiquent par ailleurs des échanges entre la surface et la profondeur, preuve que la planète est active.

A cause de son atmosphère très peu dense, “il ne peut y avoir de liquide à la surface actuellement, c’est pourquoi on doit forer le sol”, indique Michel Viso.

Europe

Europe est l’une des quatre lunes de Jupiter, la plus grande planète du système solaire. “C’est le premier satellite naturel sur lequel on a vu des traces à la surface laissant supposer un océan d’eau liquide en-dessous”, raconte Athéna Coustenis. Ces traces, les géophysiciens les interprètent “comme des déplacements de grands morceaux de glace à la surface”.

Existent également, issus de failles en surface, des geysers, signe d’une activité cryovolcanique (volcans de glace) et donc source d’énergie. On peut supposer que des éléments organiques dans l’atmosphère (apportés par des impacts de comètes), pourraient pénétrer l’océan liquide, remplissant ainsi les critères d’habitabilité.

Dédiée à cette lune glacée, la sonde Europa Clipper de la Nasa est en cours de développement. La sonde européenne JUICE fera elle aussi des observations à partir de 2030.

Encelade

Lune glacée de Saturne, Encelade concentre tous les bons ingrédients (eau liquide, molécules organiques, énergie, environnement stable). La sonde américaine Cassini, en orbite autour de la planète de 2004 à 2017, a permis de découvrir l’existence de geysers de vapeur d’eau sur Encelade. Comme pour Europe, “on a détecté du sel dans les panaches, des éléments organiques, du méthane, du CO2… qui suggèrent un contact entre les poches d’eau liquide et le noyau” de cette lune glacée, “comme sur Terre”, suggère l’astrophysicienne.

Aucune mission n’est pour l’instant programmée pour étudier Encelade, le rythme d’apparition des geysers étant trop irrégulier.

Titan

“En allant sur Titan, on ferait un retour sur la Terre à ses débuts”, lors de sa formation, selon Michel Viso, du CNES. Cet autre satellite de Saturne est en effet le seul autre endroit du système solaire où l’atmosphère est composée d’azote et de chimie organique, comme sur Terre.

Mais s’il y a bien de l’eau liquide sur Titan, elle semble être piégée entre deux couches de glace, contrairement à Europe et Encelade. Par conséquent, l’eau ne pourrait entrer en contact avec la roche du noyau, source d’énergie. Une mission spatiale de la Nasa lui est consacrée, Dragonfly, et une sonde doit s’y poser autour de 2034.

Source: TV5 – science

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