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Le système solaire se déplace actuellement dans un nuage de débris de supernova

 

Repères

  • Notre soleil est en orbite autour du centre de la Voie lactée, une galaxie d’un diamètre d’environ 100 000 années-lumière contenant 2000 milliards d’étoiles.
  • Le Soleil se trouve dans l’un des bras spiraux externes de la galaxie, le bras d’Orion 107, qui se situe à environ 25 000 à 28 000 années-lumière du centre galactique où se trouve un trou noir supermassif.
  • Même si l’étoile file à une vitesse d’environ 239 km/s, une révolution complète lui prend environ 250 millions d’années.

Durant son voyage orbital, le système solaire entre en contact avec de la matière interstellaire. Celle-ci est en partie composée d’éléments radioactifs éjectés dans l’espace à la suite de supernovae.

Ces composés entrent dans l’atmosphère de ses planètes ou se déposent sur les autres objets qui s’y trouvent, comme les astéroïdes.

Il faut savoir que, sur Terre, les sédiments océaniques sont de véritables archives géologiques : ils conservent la composition de leur environnement sur de longues périodes de millions d’années.

Cette matière peut donc être détectée, et c’est précisément ce qu’ont réalisé des scientifiques allemands, autrichiens, et australiens en analysant les échantillons de sédiments prélevés du fond marin à environ 1000 kilomètres au large de la pointe sud-ouest de l’Australie.

À la recherche du fer radioactif

Les scientifiques dirigés par le Pr Anton Wallner, de l’Université nationale australienne de Canberra, se sont principalement concentrés sur la présence d’un isotope particulier : le fer 60 (60Fe). Pour le trouver, ils ont eu recours à une technique appelée spectrométrie de masse par accélérateur qui permet d’étendre la sensibilité de la spectrométrie de masse classique et de mesurer de très faibles teneurs en éléments ou isotopes.

Le 60Fe ne se trouve pas naturellement sur Terre. La présence de cet isotope radioactif est donc un indicateur des explosions de supernovae au cours des derniers millions d’années.

Leurs travaux publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (Nouvelle fenêtre) (en anglais) montrent que la Terre se déplace dans un nuage interstellaire depuis au moins 33 000 ans.

Leurs travaux ont également permis de détecter des traces de 60Fe qui se seraient déposés sur le fond marin il y a environ 2,6 millions d’années, et peut-être d’autres il y a environ 6 millions d’années.

Ces informations laissent à penser que notre planète a voyagé à travers quelques nuages de matière en provenance de supernovae dans les derniers millions d’années.

Depuis quelques milliers d’années, le système solaire se déplace à travers un nuage plus dense de gaz et de poussière, connu sous le nom de nuage interstellaire local, dont les origines ne sont pas claires, expliquent les chercheurs dans un communiqué diffusé par le laboratoire allemand Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf.

Les chercheurs estiment qu’au cours des 33 derniers millénaires, un total de seulement 60 grammes de fer 60 provenant de la poussière d’étoiles ont atteint la surface terrestre.

Un groupe de l’Université technique de Munich a aussi détecté l’isotope dans des échantillons de neige provenant de l’Antarctique.

Les scientifiques ont par le passé trouvé des traces de cet isotope rare dans des échantillons de sol lunaire ramenés sur Terre par les astronautes des missions Apollo 12, 15 et 16.

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Source: Radio-Canada | Science

1 Comment

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  • Selon une théorie, ces débris cosmiques provoquent un refroidissement sur Terre et comme les glaces polaires datent de quelques millions d’années, on peut y voir une corrélation entre ces deux événements.
    Durant le carbonifère, voila 300 millions d’années, un tel refroidissement a laissé des indices ressemblant à notre époque actuelle.
    Encore bien des indices seront nécessaires pour confirmer cette théorie…

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