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En Libye, la cité antique de Cyrène numérisée en 3D

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Publié aujourd’hui à 03h24, mis à jour à 05h44

Cyrène, l’antique cité hellène du littoral oriental libyen, la plus vaste d’Afrique du Nord, dont le temple dédié à Zeus dépasse le Parthénon d’Athènes, a fait l’objet d’une campagne photographique aérienne et terrestre inédite.

Elle révèle les vestiges grecs dans leur ampleur sur plus de 3 km2, mais aussi dans leurs moindres détails, jusqu’au plissé qui sculpte la silhouette de la Victoire dressée à la proue d’un vaisseau de pierre, jumelle de celle exposée au Louvre, à Paris.

Le temple de Zeus, à Cyrène, plus vaste que le Parthénon d’Athènes. Le Dieu suprême des anciens Grecs y siégeait en position assise. Ses doigts de pied conservés au musée local donne une idée de la taille de la statue. ICONEM / MAFL/DOAL

Des dizaines de milliers de photos ont été prises, en 2019, par drone et au sol, pour dresser un relevé précis des zones archéologiques très denses, avec pour objectif la réalisation d’un modèle numérique en trois dimensions (3D).

Cet état des lieux devrait permettre de mieux contrôler la pression de l’urbanisation sur le site protégé, inscrit depuis 1982 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Mais aussi de le préserver des pillages, sur l’immense nécropole, de milliers de tombes qui alimentent un trafic illicite d’œuvres d’art à travers la planète. Cyrène a été classée, en 2016, sur « la liste du patrimoine mondial en péril » de l’organisation onusienne.

Perchée à 600 m d’altitude sur un large plateau fertile de terra-rossa, où l’eau coule en abondance, Cyrène dispose à ses pieds, d’un port, Apollonia, complexe monumental aménagé dans une rade naturelle fermée par une passe de trente mètres de large. « Ce port, dont les cales de halage sont conservées, va permettre le débouché commercial de la colonie en assurant sa prospérité », indique l’archéologue Claude Sintès, qui a dirigé, de 1993 à 2003, les fouilles sous-marines d’Apollonia.

Treize siècles d’histoire antique

Les relevés photographiques ont été réalisés en six jours par l’architecte Yves Ubelmann, fondateur de la start-up Iconem, spécialisée dans la documentation du patrimoine en danger, dans le cadre de la formation à la photogrammétrie (numérisation en 3D) de douze archéologues et conservateurs libyens du service des antiquités libyennes de Shahat, ville moderne qui jouxte l’antique Cyrène.

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Lancée par la Mission archéologique française de Libye (MAFL) dirigée, depuis 2011, par l’archéologue Vincent Michel, cette formation avait concerné, en 2018, Leptis Magna, antique ville romaine sur la côte ouest libyenne. Celle de Cyrène n’eut lieu qu’en juillet 2019, en raison de l’insécurité dans le pays, comme le souligne la MAFL dans son rapport annuel. Ces deux opérations, dont les photos et les vidéos seront montrées au Musée du Louvre, à Paris, à l’été, s’inscrivent dans la lignée des formations organisées en France, à la demande des Libyens.

Source: Sciences : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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