Santé

Une infirmière infectée n’aura pas droit à la «prime COVID»

Une infirmière de Québec qui est allée prêter main-forte à Montréal au mois de mai s’est vu refuser le versement de sa « prime COVID » puisqu’elle a dû se confiner après avoir contracté le virus.

La professionnelle, motivée d’« aider au mouvement » de solidarité, faisait partie d’un groupe d’infirmières volontaires de l’IUCPQ déployé dans la région métropolitaine au plus fort de la crise.

Après avoir travaillé de nuit pendant sept jours consécutifs à raison de 12 heures par quart en zone chaude, ses collègues et elle ont regagné Québec le 12 mai, soit deux jours après l’entrée en vigueur des « primes COVID » visant à inciter les travailleurs de l’extérieur de Montréal à y venir pour donner un coup de main.

« Le lendemain [de mon retour], je suis allée me faire examiner à la clinique. Sinon, je n’avais pas le droit de revenir travailler. La journée même, on m’a dit que mon test était positif », raconte l’infirmière, qui a requis l’anonymat pour pouvoir s’exprimer librement.

Résultat : un congé forcé de 20 jours et des symptômes, finalement apparus, qui l’ont presque poussée à se rendre à l’urgence. Sur plus d’une centaine de volontaires de l’IUCPQ, environ une demi-douzaine ont reçu un diagnostic identique, selon le Syndicat interprofessionnel de la santé de l’endroit (SIS-IUCPQ).

Sans nuance

Or, qui dit congé dit également inadmissibilité à la prime, déplorent l’infirmière, son syndicat et la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Le décret ministériel du 10 mai est sans appel : « À partir du moment où une absence brise la séquence du travail consécutif, peu importe le motif », le professionnel n’a pas droit à sa prime, s’indigne la vice-présidente de la FIQ, Nathalie Lévesque.

L’infirmière a été placée en congé maladie, un congé en bonne et due forme, lui a répondu son employeur. Une prime de quelques centaines de dollars lui a donc été refusée, même si tous ses collègues qui l’accompagnaient y ont eu droit.

« Ce n’est pas beaucoup d’argent, mais c’est pour le principe, affirme le président du SIS-IUCPQ, Sébastien Bouchard. Elle s’est déplacée pour aller aider. Mais, au bout du compte, elle n’en a rien retiré à part avoir contracté la COVID. »

Pas la seule

Cette infirmière ne serait pas la seule à se faire mettre des « bâtons dans les roues » par son employeur après s’être jointe à l’effort collectif, affirme la vice-présidente de la FIQ. Ce serait notamment le cas de plusieurs situations où un travailleur a dû s’absenter, ne serait-ce que brièvement, pour des raisons familiales.

« Ce sont des cas d’exception. Mais il y en a eu beaucoup, des cas d’exception, rage Nathalie Lévesque. Un moment donné, il y a une limite. En gros, la responsabilité familiale n’a pas reçu la compréhension des gestionnaires du réseau. »

Le président Sébastien Bouchard déplore que les recours soient pratiquement inexistants compte tenu de l’arrêté ministériel qui établit unilatéralement les conditions d’emploi présentement. Il s’en remet au recours intenté par la FIQ devant la Cour supérieure, le 13 juillet, dans le but d’empêcher que l’arrêté ministériel du 21 mars, qui décrète l’état d’urgence sanitaire, soit reconduit.

Le ministère de la Santé n’avait pas donné suite à la demande du Journal au moment d’écrire ces lignes.

Source : journal de montreal – Santé

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