Santé

Un décès à Hongkong, plus de 20 400 infections et le mea culpa de la Chine : le point sur l’épidémie de coronavirus

Un Hongkongais atteint par le nouveau coronavirus est devenu mardi 4 février la première victime de cette épidémie dans la mégapole, et la seconde hors de Chine continentale, où le bilan ne cesse de grimper.

Après avoir dépassé, lundi, le cap symbolique du nombre de décès dus à l’épidémie de SRAS en 2002-2003 – 349 personnes tuées –, le bilan a atteint mardi 425 morts sur le territoire chinois, selon des autorités. La propagation du virus touche, elle, 27 pays dans le monde (sur 197 pays reconnus par la communauté internationale).

Epidémie de coronavirus : les réponses aux 40 questions des lecteurs du « Monde »
  • Hongkong annonce un premier mort

L’administration hospitalière hongkongaise a annoncé la mort d’un homme de 39 ans qui était traité pour le coronavirus. Il s’agit d’un habitant de Hongkong qui s’était rendu en janvier dans la ville chinoise de Wuhan, épicentre de cette pneumonie virale, avant de retourner dans le territoire semi-autonome, le 23 janvier, à bord d’un train express. La victime, atteinte de diabète, se trouvait dans un état stable quand soudainement son état de santé s’est « détérioré », ont expliqué les autorités.

Jusqu’à présent, les Philippines étaient le seul territoire en dehors de la Chine continentale à avoir fait état d’un décès lié au virus, annoncé dimanche par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Hongkong a enregistré plus de 17 cas confirmés de coronavirus. La majorité des personnes ont été contaminées en Chine continentale ; cependant, quatre de ces cas sont suspectés d’être des contaminations locales.

Cette mort survient au lendemain de l’annonce, par la chef de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, de la fermeture de presque tous les points de passage terrestres avec la Chine continentale, à l’exception de deux ponts. De son côté, le territoire voisin de Macao a annoncé mardi la fermeture de l’ensemble de ses casinos pendant deux semaines afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

  • Plus de 20 400 personnes infectées sur le territoire chinois

Voir aussi A Wuhan, un hôpital sorti de terre en dix jours

Le nombre de décès confirmés dus au coronavirus en Chine est passé à 425 avec l’annonce mardi par les autorités de la province du Hubei de 64 nouvelles victimes. Dans son point quotidien, la commission provinciale de la santé a aussi fait état d’une forte augmentation du nombre de personnes infectées, avec 3 235 nouveaux cas confirmés.

Au total, plus de 20 400 personnes sont contaminées sur l’ensemble du territoire chinois, selon les statistiques du gouvernement central. La plupart des décès et des cas de contamination sont à déplorer à Wuhan et dans sa province où quelque 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.

Face à un système hospitalier débordé, cette métropole a accueilli les premiers malades dans un hôpital de fortune construit en dix jours. Un groupe de 50 personnes contaminées a été acheminé mardi dans cette structure préfabriquée, d’une capacité de 1 000 lits. Un autre hôpital, encore plus grand (1 600 lits), est en construction et devrait ouvrir dans quelques jours.

  • La Chine demande de l’aide

Dans le contexte de la paralysie de la Chine par la peur du virus, Pékin a reconnu lundi des « insuffisances » dans sa réaction et a aussi admis compter sur le reste du monde pour répondre à la crise. Le comité permanent du bureau politique du Parti communiste a demandé une amélioration du dispositif de réaction aux situations d’urgence à la suite d’« insuffisances et de difficultés apparues dans la réponse apportée à l’épidémie », a écrit l’agence officielle de presse Chine nouvelle.

« Ce dont la Chine a besoin d’urgence, ce sont des masques, des combinaisons et des lunettes de protection », avait précédemment déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hua Chunying. Elle a précisé que plusieurs pays, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, avaient déjà envoyé des fournitures médicales.

Mardi, le vice-président de la Croix-Rouge du Hubei, Zhang Qin, a été limogé pour sa mauvaise gestion de l’argent et des fournitures médicales issus de dons, a annoncé la Commission de discipline du Hubei dans un communiqué. L’organisation était depuis plusieurs jours dans le collimateur des internautes et des médias ; beaucoup s’interrogeaient sur la raison pour laquelle les médecins locaux manquaient de masques malgré les dons affluant du monde entier. Deux autres responsables de la Croix-Rouge provinciale ont reçu des avertissements pour la même raison.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face à l’épidémie de coronavirus, les failles du système de santé chinois
  • « Nous ne sommes pas en situation de pandémie »

De nombreux pays ont multiplié les mesures de protection : Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Irak, Israël et Philippines notamment ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine. La Russie a annoncé lundi qu’elle pourrait procéder à l’expulsion des étrangers porteurs du virus, après avoir décidé la semaine dernière de fermer sa frontière de plus de 4 000 km avec la Chine et réduit les liaisons avec ce pays.

Mais c’est aux Etats-Unis que s’en est pris la porte-parole de la diplomatie chinoise, les accusant de « semer la panique » par leurs mesures restrictives et de donner « un très mauvais exemple ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : les Etats-Unis se barricadent et s’inquiètent des conséquences économiques

Mardi, l’OMS a estimé que l’épidémie de ce nouveau coronavirus ne constituait pas pour le moment une « pandémie », terme qui s’applique à une situation de propagation mondiale d’une maladie. « Nous sommes dans une phase d’épidémie avec de multiples foyers », a déclaré à la presse Sylvie Briand, la directrice du département préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS. Elle a reconnu que stopper la propagation était un « défi » en raison des déplacements de populations et de la facilité de transmission du virus. « Je ne dis pas que cela soit facile, mais (…) nous pensons que c’est possible. »

Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a par ailleurs accusé mardi certains pays riches d’être « très en retard » en matière de partage d’informations sur les cas du nouveau coronavirus, réclamant une plus grande solidarité internationale pour combattre l’épidémie de pneumonie. « Sur les 176 cas signalés jusqu’à présent en dehors de la Chine, l’OMS a reçu des formulaires de déclaration de cas complets pour seulement 38 % des cas. Certains pays à revenu élevé sont très en retard dans le partage de ces données vitales avec l’OMS. Je ne pense pas que ce soit par manque de capacités », a-t-il déclaré.

  • Premier test positif à Bruxelles parmi les rapatriés européens

Contrôle sanitaire à l’aéroport de Marseille après l’atterissage d’un avion en provenance de Wuhan, dimanche 2 février.
Contrôle sanitaire à l’aéroport de Marseille après l’atterissage d’un avion en provenance de Wuhan, dimanche 2 février. AREK RATAJ / AP

Un premier cas de coronavirus a été détecté à Bruxelles sur un passager du vol ayant rapatrié dimanche quelque 250 personnes, majoritairement européennes, depuis la ville chinoise de Wuhan, a annoncé la ministre belge de la santé, Maggie De Block, lors d’une conférence de presse, mardi. La personne testée positive « est asymptomatique. C’est bizarre, mais elle se sent bien », a-t-elle ajouté.

Il y avait à bord de cet avion ayant fait d’abord fait escale dans le sud de la France, une trentaine de nationalités représentées. En France, les autorités sanitaires avaient fait pratiquer des tests sur une vingtaine de personnes rapatriées dimanche et ils s’étaient révélés négatifs. Les examens doivent être renouvelés au cas où le virus serait présent chez certains individus dans « un réservoir » non identifié, a précisé le docteur Samer Aboukais, médecin à l’agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, en marge d’une réunion à Aix-en-Provence mardi.

Deux cent seize Français sont hébergés dans la station balnéaire de Carry-le-Rouet, près de Marseille, et 80 personnes se trouvent à l’Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers d’Aix-en-Provence, dont 23 Français, 18 ressortissants de l’Union européenne et 40 non-Européens.

Lire notre reportage à Carry-le-Rouet : « Moi aussi j’ai flippé au début. Mais en vrai, ça va »
  • Londres et un laboratoire vont aider au développement d’un vaccin

Le ministère britannique de la santé a dévoilé dans un communiqué un apport de 20 millions de livres (environ 23,5 millions d’euros) à la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI), pour développer de nouveaux vaccins contre les maladies les plus mortelles, dont le nouveau coronavirus. La CEPI avait révélé en janvier, au forum de Davos, qu’elle travaillait au développement d’un vaccin contre le virus chinois avec des essais cliniques qui pourraient avoir lieu dans quelques mois.

Le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), un poids lourd mondial de la pharmacie, a annoncé dans un communiqué distinct qu’il allait mettre à disposition sa technologie de fabrication d’adjuvants pour les vaccins contre les épidémies.

De leur côté, les ministres de la santé des pays du G7 ont convenu lundi de se coordonner « autant que possible dans les conseils de voyage et les mesures de prévention » face au coronavirus, a indiqué le ministère allemand de la santé dans un communiqué à l’issue d’une conférence téléphonique des ministres du G7.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Diagnostic, vaccin, évolution… où en est la recherche sur le coronavirus ?
Notre sélection d’articles sur le nouveau coronavirus

Source: Santé : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

%d blogueueurs aiment cette page :