Santé

Réchauffement climatique : trois questions sur le plan du gouvernement face à l’érosion des côtes et aux inondations

A l’occasion du quatrième Conseil de défense écologique, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a annoncé une série de mesures pour adapter la France aux conséquences du changement climatique.


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S’adapter pour limiter les dégâts. Face à des inondations “qui vont être plus fréquentes et plus intenses” et à l’érosion des côtes sous l’effet du réchauffement climatique, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a présenté, mercredi 12 février, une série de mesures allant de la relocalisation d’habitations à la réduction des délais administratifs pour les programmes de prévention des inondations. Franceinfo vous explique en détail cette nouvelle approche.

Quelle est la situation actuelle ?

Le risque d’inondation. Ces deux dernières années, la France a connu des inondations meurtrières, provoquées par des épisodes méditerranéens. “Nous l’avons vu, à l’automne dernier ou l’année précédente, dans le Var, l’Aude, les Alpes-Maritimes, les inondations détruisent des vies et des villes”, a rappelé Elisabeth Borne. Avec le réchauffement climatique, les fortes pluies seront plus nombreuses et plus intenses, comme l’a encore rappelé l’Agence européenne de l’Environnement, début février. Une évolution déjà à l’œuvre : dans le sud de la France, l’intensité des précipitations extrêmes a augmenté de 22% entre 1961 et 2015, d’après les travaux des chercheurs du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, cités par Le Monde.

L’érosion des côtes. En bord de mer, le recul du trait de côte, sous l’effet de la montée du niveau de la mer provoquée par le réchauffement des océans et la fonte des glaces, a commencé. “20% de notre façade maritime est concernée, a calculé Elisabeth Borne. En Vendée ou dans la Somme, le littoral recule de 0,5 à 1,5 mètres par an”. Cela signifie que des zones aujourd’hui habitées ou occupées par l’humain seront, dans les prochaines années, submergées par l’océan. Cette carte de l’Agence européenne de l’Environnement montre les zones habitées les plus vulnérables, comprises entre un et six mètres au dessus du niveau de la mer.

Zones habitées du littoral français situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. A gauche : Atlantique. En haut, à droite : Manche. En bas : Méditerranée. En bleu clair : 1 m. En bleu fonce : 6 m.
Zones habitées du littoral français situées entre 1 et 6 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. A gauche : Atlantique. En haut, à droite : Manche. En bas : Méditerranée. En bleu clair : 1 m. En bleu fonce : 6 m. (AGENCE EUROPEENNE POUR L’ENVIRONNEMENT)

Que prévoit le gouvernement ?

Face au risque d’inondation. Le gouvernement s’est engagé à “diviser par deux la durée d’élaboration des programmes d’action pour la prévention des inondations (Papi) qui peuvent aujourd’hui prendre jusqu’à huit ans”. Ce dispositif permet à des collectivités locales de soumettre à l’Etat des projets de lutte contre les inondations et d’obtenir de ce dernier un soutien financier et politique.

Pour raccourcir les délais, le traitement des dossiers sera décentralisé : “Tous les programmes de prévention en deçà de 20 millions d’euros seront validés au niveau local. Cela concernera donc 70% d’entre eux, contre 20% aujourd’hui”, a indiqué Elisabeth Borne. Côté financement, l’Etat va garantir “la capacité du fonds Barnier, le fonds de prévention des risques naturels à couvrir les besoins”.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire va en outre accompagner directement neuf sites dans la réduction des risques. “A Marseille comme à Dax ou encore à Vernon, une équipe composée d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs, va venir prêter main forte aux élus pour rendre des quartiers entiers plus résilients”, a annoncé la ministre.

Face à l’érosion des côtes. Sur ce volet, le gouvernement adopte des mesures plus contraignantes. “Dans les espaces menacés à court terme, d’ici 30 ans”, les nouvelles constructions seront interdites, sauf si elles sont “non pérennes et démontables”. Un nouveau permis de construire va être créé dans le Code de l’urbanisme pour permettre ces constructions.

Pour les habitations déjà construites, l’Etat va imposer des relocalisations. Nous allons dire à des gens que leurs habitations sont menacées et (…) leur proposer de les relocaliser dans un secteur protégé. On va accompagner les collectivités qui veulent engager ce genre de démarche”, expliquait la ministre dans Le Parisien (article payant). D’ici 2100, ces déménagements devraient concerner “5 000 à 50 000 habitations”. Le ministère n’a pas donné plus de détails sur la manière dont ces relocalisations allaient se passer.

Pour que les populations soient mieux informées du risque d’érosion, une obligation d’informer les futurs acheteurs ou locataires d’un bien sera créée, semblable à celles qui existent déjà pour l’amiante ou les risques d’inondation. Le gouvernement veut également “recréer des dunes, des forêts, des prairies qui limitent l’érosion” et va accompagner des collectivités locales dans cette démarche. “Mon ministère vient de retenir sept candidatures, que nous allons accompagner pour mettre en œuvre ces solutions fondées sur la nature”, a déclaré Elisabeth Borne.

Combien de personnes sont concernées ?

Outre les quelques dizaines de milliers de personnes concernées par d’éventuelles relocalisations, le ministère de la Transition écologique et solidaire estime que les mesures annoncées concernent plusieurs millions de Français. “Avec ces mesures, ce sont plus de 17 millions de Français qui seront ainsi mieux protégés”, a déclaré Elisabeth Borne.

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Source: Franceinfo – Santé

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