Santé

Port du masque obligatoire dès la 5e année du primaire au Québec

 

Une première version du plan de Québec pour la rentrée avait été présentée en juin. Le gouvernement Legault calque maintenant son approche sur celle du Canada, dont l’Agence de la santé publique recommande le port du masque dès l’âge de 10 ans dans les écoles.

La nouvelle mesure touche évidemment tous les élèves du secondaire aussi, ainsi que ceux qui suivent de la formation professionnelle et de la formation générale aux adultes.

Par souci de cohérence, le port du masque pour les enfants de 10 ans et plus deviendra obligatoire à compter du 24 août prochain dans le transport en commun, dans le transport scolaire, dans tous les lieux publics intérieurs ainsi que ceux extérieurs qui ne permettent pas une distanciation physique de 2 mètres. L’âge minimal est actuellement de 12 ans.

Dans les écoles, tout le personnel devra porter le masque, de l’enseignante au concierge.

Il devra être porté dans les lieux communs, dans les halls d’entrée, dans les corridors, mais pas dans les classes. On veut préserver cette facilité de communiquer visage à visage. Les expressions sont importantes, a dit le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Seuls les visiteurs devront porter un masque dans la salle de classe. Le but étant de garder le groupe le plus étanche possible.

Un tableau intitulé « À l'école, je me protège et je protège les autres! » qui illustre les scénarios où le port du masque est obligatoire à l'école.

Dans quelles circonstances les élèves, le personnel et les visiteurs devront-ils porter le couvre-visage à l’école?

Photo : Gouvernement du Québec

D’ailleurs, le concept de groupe-bulle est évacué du plan. La bulle, c’est maintenant la classe. Au primaire comme au secondaire, ce seront les professeurs qui changeront de local, et pas les élèves.

Pour les récréations, les horaires seront un peu chamboulés afin que tous les élèves ne se côtoient pas en même temps. C’est donc dire que les enfants du même groupe se verront beaucoup et ne verront pas ou très peu les autres élèves de l’école.

Que votre enfant fréquente une école de 200 ou de 1200 élèves, grosso modo il va toujours côtoyer les mêmes 20-25 élèves.

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec

Pour les élèves de 4e et 5e secondaire, Québec a accouché d’un compromis pour préserver l’étanchéité du groupe. Comme il existe des cours à option à ce niveau, il y aura des journées d’alternance à l’école et à la maison.

Il y a des cours différents en science, en physique, en mathématique et ça amène les élèves à changer de classe, à se promener. Ce qui fait qu’au lieu d’être avec 25 élèves, j’ai peut-être côtoyé 100 élèves si je change de groupe deux ou trois fois. On priorise la santé et la sécurité et c’est pour ça qu’on a ce compromis de l’alternance, a expliqué le ministre.

Autant M. Roberge que le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, ont insisté lundi sur l’importance de cette stabilité, qui minimisera la transmission du virus et qui facilitera le travail de la santé publique en cas d’éclosion.

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Les exceptions

Tous les élèves sont attendus pour la rentrée. Le ministre Roberge l’a répété quatre fois plutôt qu’une : pas question de ne faire que de la révision ou du rattrapage cette année. Tout le programme sera enseigné. On fait le choix d’avoir une rentrée à temps plein, avec des groupes pleins, on enseigne 100 % du programme, a-t-il dit et redit.

Ceux dont les parents sont à risque, ou qui sont eux-mêmes malades, par exemple, pourront toutefois être dispensés de venir à l’école. Mais ils ne seront pas dispensés de faire les apprentissages.

Ceux qui ont une véritable vulnérabilité documentée par un médecin auront donc droit à l’enseignement à distance. Le centre de service scolaire vous garantira un service, des enseignants superviseront vos enfants, leur donneront des cours à distance, seront disponibles pour répondre à leurs questions, leur donneront des devoirs et tout l’accompagnement nécessaire, a assuré le ministre.

Ça peut être sur une assez longue période. On veut prendre soin des personnes vulnérables.

Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec

Éclosions et dépistage

Si une classe, voire une école, devait être fermée en raison d’une éclosion, le ministre assure que les balises seront claires et permettront de basculer vers l’éducation à distance en 24 heures tout au plus. C’est une garantie, a-t-il dit.

Chaque jeune aura droit à 15 heures de cours par semaine au secondaire si on ferme une classe. Il aura aussi droit à deux heures par jour avec son enseignant pour lui poser des questions, a-t-il par exemple promis.

Québec assure être prêt à toute éventualité notamment grâce à l’achat d’outils pédagogiques au cours de l’été.

Quant au dépistage, la question est de savoir si les résultats pourront être livrés rapidement. S’il faut éviter que les enfants ne s’absentent trop longtemps de l’école, il faut aussi être réaliste : les parents devront prendre congé si leur enfant tousse, ce qui pourrait éventuellement poser problème.

On est en train de regarder comment accélérer la livraison du test, a assuré le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Québec est en train de challenger ses façons de faire, a-t-il indiqué. Les PDG des CISSS et des CIUSSS ont été consultés et nos meilleurs sont sur le dossier, a fait savoir le ministre.

Christian Dubé fronce les sourcils en conférence de presse.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, lundi

Photo : Ivanoh Demers

Le gouvernement s’engage à accélérer le délai entre le test et l’obtention du résultat.

Christian Dubé, ministre de la Santé

Priver l’enfant d’une école, d’une socialisation, est plus grave que le potentiel de risque qu’il attrape la maladie, a pour sa part offert le directeur de la santé publique, Horacio Arruda. Les pédiatres sont très clairs là-dessus, a-t-il tenu à rappeler.

Mais il faudra aussi gérer les rhumes et les gastros qui, immanquablement, se pointeront le bout du nez dans différents établissements.

On va prendre en charge très clairement les situations où ça pourrait être de la COVID-19, a-t-il ajouté.

Car, a expliqué M. Arruda, le but est d’éviter que le virus ne se propage dans la communauté. Toutes les mesures sont prises au sein des milieux scolaires pour bien protéger les jeunes, les professeurs, leurs familles, et, bien entendu, la société, a-t-il dit, en rappelant qu’on peut attraper la COVID-19 n’importe où, et pas rien qu’à l’école.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

Horacio Arruda, lundi

Photo : Ivanoh Demers

En bref

  • Tous les parents et les membres du personnel d’une école devront être avisés dès qu’un élève aura été déclaré positif à la maladie.
  • L’enfant ou l’adolescent contaminé devra s’isoler chez lui et se conformer aux directives de la santé publique avant d’être réadmis en classe. Entre-temps, il devra recevoir de l’aide pédagogique à domicile.
  • Toute personne jugée à risque modéré ou élevé en raison de son exposition à l’écolier infecté sera retirée de l’école et devra subir un test de dépistage.
  • Un écolier qui ressentira des symptômes de la maladie en classe devra aussi en être retiré. Un seul membre du personnel, qui disposera d’équipements de protection, l’accompagnera en attendant qu’un parent vienne le chercher.
  • Cet élève devra aussi suivre les consignes de la santé publique avant de revenir en classe; il pourra également profiter d’un enseignement à distance en attendant son retour.
  • Si des symptômes de la COVID-19 sont ressentis à la maison, il reviendra aux parents de garder leur enfant à la maison et de contacter la santé publique du Québec pour obtenir des instructions.
COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Source: Radio-Canada | Santé

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