Santé

COVID-19 : pourquoi nous devons nous préparer aux défis de l’hiver

 

Le principal problème associé à la chute des températures sera la plus grande difficulté à respecter la distanciation physique au fur et à mesure que la population partagera les espaces fermés.

Les écoles sont amenées à rouvrir dès le mois de septembre, et plus de restaurants et de bureaux devraient ouvrir. À l’inverse, les parcs et les terrasses se videront.

Risque de regroupements dans les transports

Pour le Dr Andrew Morris, le risque de transmission du coronavirus devrait augmenter en raison des trajets pour se rendre en classe ou au travail, que ce soit dans les transports publics, dans les bus scolaires ou en covoiturage.

Je prévois que nous commencerons à voir des transmissions se produire non pas nécessairement sur le lieu de travail, mais à destination et en provenance du lieu de travail, déclare le spécialiste en maladies infectieuses du Réseau universitaire de santé et du Système de santé Sinaï.

Photo de personnes en manteaux qui attendent sur le trottoir, près d'un autobus.

Des usagers des transports publics de Toronto attendent un bus pendant une panne de métro l’hiver dernier (archives).

Photo : Radio-Canada / Marko Roy

Dans la sphère privée, socialiser et retrouver ses proches sera nettement plus risqué dans un environnement fermé, avance une spécialiste en santé publique.

Personne ne parle de l’hiver.

Laura Rosella, professeure agrégée d’épidémiologie à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto

Alors, comment les Canadiens pourront-ils réduire les risques lorsque les températures hivernales s’installeront?

Améliorer la circulation et la filtration de l’air

Les experts affirment que les solutions doivent venir de tous les niveaux : décideurs politiques, propriétaires d’entreprises et particuliers.

Il y a certainement lieu de s’inquiéter en ce qui concerne la conception de bâtiments où les gens passeront plus de temps, soutient Linsey Marr, experte en transmission de virus par aérosol à Virginia Tech, en Virginie.

En effet, une fois que les températures chutent et que les systèmes de chauffage sont allumés, il est plus difficile d’ouvrir les fenêtres pour obtenir une meilleure circulation de l’air dans de nombreux bureaux et écoles .

Et je pense que, pour se préparer, la filtration sera importante, dit-elle.

Des politiques adaptées

Les pouvoirs publics auront leur rôle à jouer, affirme quant à lui le Dr Andrew Boozary, professeur adjoint à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto, que ce soit pour offrir un logement à ceux qui sont entassés dans des refuges ou pour s’assurer que les travailleurs essentiels ont un congé de maladie payé afin de prendre du temps en cas de besoin.

Les chambres d’hôtel permettant aux personnes de se remettre de la COVID-19, par exemple, peuvent être utiles à ceux qui ne peuvent pas s’isoler à la maison ou dans le système de refuges, mais le professeur estime que ce n’est qu’une ressource palliative.

Tous les niveaux de gouvernement auront besoin d’une réponse générationnelle en matière de logement.

Andrew Boozary, professeur adjoint à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto

En conférence de presse mardi matin, le maire de Toronto, John Tory, a assuré que la Ville prépare activement un plan pour l’hiver en considérant tous les secteurs affectés par la COVID-19, dont le logement et la protection des communautés vulnérables.

Inciter les gens à socialiser dehors

La gestion de la pandémie dépendra également de la manière d’aborder les loisirs.

Les propriétaires de commerces et les politiciens devraient envisager des options de rassemblement hivernal en créant des espaces événementiels qui maintiennent la circulation de l’air tout en offrant un peu d’abri et de chauffage extérieur, affirme le Dr Boozary. C’est le genre de choses qui encourage la socialisation à l’extérieur autant que possible, ajoute-t-il.

Sa collègue Laura Rosella souligne elle aussi la nécessité d’inciter les gens à sortir, par exemple en construisant plus de patinoires extérieures ou en créant des sentiers de raquette, même dans des environnements urbains denses.

Des gens patinent sur une patinoire extérieure aménagée sur une rivière.

Le Sentier d’hiver de Winnipeg (archives)

Photo : Radio-Canada

Ce sont des choses que les gens vivant dans des climats très frais toute l’année font tout le temps, dit-elle.

Ces stratégies visant à assurer la sécurité des personnes à l’intérieur et à l’extérieur s’ajoutent bien sûr aux messages de santé publique qui sont en place depuis des mois : porter un masque, rester à l’écart des autres et se laver les mains régulièrement.

Aucune de ces recommandations n’a changé, et elles sont peut-être encore plus cruciales maintenant que les gens sont prêts à passer plus de temps à l’intérieur pour travailler et se divertir, à l’approche de la saison du rhume et de la grippe.

Source: Radio-Canada | Santé

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :