Santé

Covid-19 : des chercheurs analysent comment la parole propulse le virus?

Certaines syllabes propulsent plus loin le virus. (MICHAEL ESDOURRUBAILH / MAXPPP)

Deux études signées par des chercheurs du CNRS, l’une publiée dans PNAS et l’autre dans Physical Review Fluids, se sont penchées sur ce qui pouvait servir de mode de transports aux aérosols chargés de virus pour tenter de trouver des solutions pour les limiter.

Deux chercheurs, Manouck Abkarian (en poste au printemps dernier à l’université de Princeton aux États-Unis) et son collègue Simon Mendez (CNRS de Montpellier), ont donc mêlé phonétique et mécanique des fluides pour comprendre comment la parole propulse du virus. Ils ont remarqué que ce sont les consonnes plosives ou occlusives comme le P de Papa, les B, K, D, ou le GUE, qui envoient le plus d’aérosols dans l’air. Toutes celles en fait que l’on prononce en bloquant l’air au niveau de la bouche, du pharynx et de la glotte, et que l’on relâche d’un coup. D’ailleurs, ce sont souvent celles-là qui vous font postillonner.

Un mètre de distance, ça n’a aucun sens si on ne prend pas en compte le temps passé dans la pièce.

Manouck Abkarian

Dans leur article scientifique, ces chercheurs ont montré que ces syllabes forment des filaments de salive entre les lèvres, qui sont ensuite réduits en micro-gouttelettes puis propulsés quand on ouvre la bouche. Ils ont aussi noté que le simple fait de mettre du baume à lèvres permettait d’en envoyer quatre fois moins.

Pour comprendre ça, ils ont réalisé plusieurs expériences. Par exemple, un homme enfermé dans une pièce filmée par une caméra avec une machine à brouillard et une lumière laser a répété plusieurs fois “peter piper picked a peck”. Là, les aérosols atteignent 2 mètres en 30 secondes. Par contre, avec d’autres phrases comme “sing a song of sixpence”, la projection est plus basse, et les particules tombent à 50 centimètre ou 1 mètre de l’homme.

Les chercheurs en concluent donc que se tenir à un mètre de distance quand on se parle en face sans masque n’a aucun sens. Surtout si on passe du temps dans une pièce peu ventilée. Même si certaines personnes peuvent parler moins fort et donc propulser moins loin leurs aérosols.

Les chercheurs ont aussi mis en place un échange avec le Metropolitan Opera de New York pour préparer la reprise des représentations l’an prochain. Pour que les artistes n’aient pas à porter de masque sur scène, et que les spectateurs puissent occuper tous les sièges, l’idée serait de faire une ventilation séparée entre la scène et le public. Autre option : raccourcir les opéras pour un public plus jeune (“Cendrillon” en 90 minutes par exemple), avec toujours le même objectif : propulser moins loin et moins longtemps les particules.

Source: Franceinfo – Santé

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