Santé

Choisir la double mastectomie à 28 ans pour prévenir le cancer

C’était avec des sentiments mitigés, raconte-t-elle, mais au final, la décision a été simple : les faire enlever pourrait lui sauver la vie.

« C’était vraiment la bonne décision pour moi, même si c’est difficile à certains égards », a déclaré Hannah Gehrels quelques jours seulement après son opération au Queen Elizabeth Hospital, à Charlottetown.

« Il y a plusieurs niveaux […] en termes de sensations physiques, émotionnelles et mentales. »

Mme Gehrels avait découvert que le gène BRCA2 était répandu dans sa famille et que certains proches avaient subi des tests révélant la présence de ce gène, ce qui signifie qu’elle pourrait avoir hérité du gène également.

Des études montrent que les personnes ayant hérité de mutations du gène BRCA1 ou BRCA2 ont jusqu’à 85 % de chances d’avoir un cancer du sein au cours de leur vie, ainsi qu’un risque plus élevé d’avoir un cancer du sein à un âge plus jeune et un risque plus élevé d’avoir un cancer des deux seins, selon la Société canadienne du cancer.

Ces personnes sont également prédisposées à d’autres types de cancer, notamment le cancer des ovaires, du pancréas, des mélanomes ou de la peau, et de la prostate.

« Il m’a fallu quelques années pour décider de subir un dépistage – je n’étais pas sûre de vouloir le savoir, au début », dit-elle. « Mais finalement, je me suis sentie prête », raconte la jeune femme.

Vous pouvez vous sentir beau dans un corps qui vous fait du bien et qui vous convient.

Hannah Gehrels
Hannah Gehrels.

« Je suis maintenant une femme sans poitrine, et je trouve ça plutôt chouette. »

Photo :  CBC

Pas les résultats souhaités

Il a été difficile de découvrir qu’elle avait bien le gène, raconte Hannah Gehrels, mais être capable de faire le test et de prendre des mesures pour prévenir le cancer était « une chose assez incroyable ».

« C’était difficile, comme vous pouvez l’imaginer. Ce n’est pas la nouvelle que vous espérez », raconte Mme Gehrels. « Mais avec l’information, j’ai immédiatement appris quelles sont mes options. C’était assez génial de combiner ces informations avec ce que je peux faire. »

Après avoir reçu des résultats positifs, Mme Gehrels a indiqué qu’elle avait deux options : elle pouvait subir une double mastectomie préventive ou se soumettre à un dépistage tous les six mois avec mammographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM).

Selon la Société canadienne du cancer, une mastectomie prophylactique entraîne une diminution d’environ 90 % du risque de cancer du sein chez les femmes à haut risque.

« Lorsque j’ai découvert que j’étais positive [pour le gène], j’ai su que je voulais subir une chirurgie préventive », a-t-elle déclaré. « Je n’ai aucune envie de prendre le risque d’avoir un cancer du sein. »

La meilleure protection

Kelly Metcalfe, scientifique au Women’s College Hospital de Toronto, concentre ses recherches sur la prévention et le traitement du cancer du sein héréditaire.

Kelly Metcalfe.

Kelly Metcalfe, scientifique au Women’s College Hospital de Toronto

Photo :  CBC

Elle a mis au point un outil d’aide à la décision pour les personnes porteuses des mutations BRCA1 et 2 afin de les aider à évaluer leurs choix en matière de prévention du cancer du sein, et conseille les femmes quant à leurs options.

« Ces femmes sont devant des décisions très difficiles sur ce qu’elles vont faire étant donné les risques et en termes de prévention de ces cancers qu’elles savent être à très haut risque d’avoir », explique Mme Metcalfe.

Mme Metcalfe confirme que si la mastectomie par rapport à la surveillance vigilante est « un choix individuel », elle qualifie la chirurgie de « meilleure option », parce qu’une double mastectomie est le meilleur moyen pour éliminer le risque de cancer du sein chez les patientes.

« Cela ne ramène pas son risque à zéro, car il existe des cas documentés de femmes chez qui on a diagnostiqué un cancer du sein après une double mastectomie, mais c’est très, très, très rare », a-t-elle déclaré. « C’est l’option qui offrira à une femme la meilleure protection, à savoir qu’elle ne sera jamais atteinte d’un cancer du sein. »

Selon Mme Metcalfe, au Canada, 30 % de ces patientes choisissent la double mastectomie. Elle explique qu’il s’agit souvent de femmes plus jeunes, parfois avec des enfants, qui veulent avoir les meilleures chances de survie et de vivre longtemps.

« Je me suis sentie bien »

Certaines personnes ont demandé à Mme Gehrels pourquoi elle voulait se faire opérer alors qu’elle est si jeune. Pourquoi ne pas attendre quelques années?

« Je savais que même sans poitrine, je pouvais encore avoir des enfants, si c’est quelque chose que je choisis à l’avenir », raconte la jeune patiente. « C’est ce qui me semblait juste. »

Mme Gehrels.

Mme Gehrels avait découvert que le gène BRCA2 était répandu dans sa famille et que certains proches avaient subi des tests révélant la présence du gène, ce qui signifie qu’elle pourrait avoir hérité du gène également.

Photo :  CBC

Mme Gehrels dit que la période de convalescence pour son opération est d’environ un mois et qu’elle a un solide réseau d’amis, de famille et un partenaire qui la soutiennent tout au long de son parcours de soins.

Source: Radio-Canada | Santé

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