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Vladimir Poutine peut rester à la tête de la Russie jusqu’en 2036

Au cours d’un scrutin inédit par sa forme, taillé sur mesure pour une victoire du « oui », les Russes ont approuvé une réforme de leur Constitution, dont l’article 81 permet désormais à Vladimir Poutine de rester au pouvoir après la fin de son mandat, en 2024. Jamais, auparavant, la loi fondamentale n’avait été réécrite au profit d’un seul individu, et M. Poutine avait à plusieurs reprises, ces dernières années, exclu cette hypothèse.

Cette mesure – la « remise à zéro » des mandats présidentiels – était noyée dans une longue liste de quarante-six amendements constitutionnels, touchant aux sujets les plus divers, soumis à l’assentiment des électeurs. Selon des résultats quasi définitifs, 78 % d’entre eux se sont prononcés en faveur de la réforme. La participation, principale crainte des autorités, s’établit à 65 %, proche de l’objectif de 70 % fixé selon de nombreuses sources aux responsables régionaux.

Les clés de ce succès, pour le pouvoir, sont multiples : popularité réelle de Vladimir Poutine, soif d’une stabilité qui s’est imposée comme la valeur cardinale de la politique russe, mais aussi un marketing électoral aussi retors qu’efficace et des arrangements importants avec les standards d’un scrutin démocratique.

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Irrégularités et fraudes

De fait, l’histoire retiendra probablement, autant que son résultat ou ses conséquences, les conditions dans lesquelles ce vote aura été organisé. Dès l’origine, les autorités ont rejeté l’utilisation du référendum, prévu par la Constitution mais aux règles trop contraignantes. Elles ont conçu une procédure ad hoc, sans possibilité d’un débat entre le « oui » et le « non », et qui a permis toutes les fantaisies.

Toute la semaine, sur les réseaux sociaux, les Russes se sont amusés à recenser les bureaux de vote les plus baroques installés en pleine rue : coffre de voiture, souche d’arbre, chariot de supermarché… Et, le plus souvent, simples bancs disposés face aux sorties d’immeuble, une pratique à la limite de la légalité mais qui aura été efficace pour obtenir le vote du plus grand nombre. Les commissions électorales ont aussi pratiqué le porte-à-porte, interdit d’ordinaire. Enfin, des pressions ont été exercées sur les fonctionnaires et les employés des grandes entreprises.

Des irrégularités et des fraudes plus traditionnelles ont aussi été constatées – votes multiples, bourrages d’urne, bulletins préremplis – alors que les observateurs avaient été désignés selon une procédure nouvelle excluant les partis politiques. Selon l’ONG de supervision électorale Golos, les fortes disparités régionales en matière de participation sont le signe de falsifications. Des ajustements de dernière minute ont aussi été constatés dans la diffusion des résultats.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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