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Un rapport de l’ONU dévoile des exactions systématiques dans les régions kurdes occupées par les Turcs en Syrie

Un jour d’hiver, dans un centre de détention installé dans une ancienne école de la ville occupée d’Afrin, les miliciens stipendiés par la Turquie de l’Armée nationale syrienne (ANS) ont hurlé à leurs prisonniers kurdes l’ordre de sortir de leurs cellules. Ils les ont réunis dans le hall du bâtiment pour une occasion spéciale, quelque chose de différent des tortures et humiliations routinières auxquelles ils sont habituellement soumis. Une jeune fille kurde mineure capturée dans cette région kurde syrienne venait d’être arrachée de sa cellule et amenée devant eux. Sous les yeux des détenus rassemblés, les geôliers l’ont violée, puis violée encore, les uns après les autres, en les forçant à regarder son supplice.

Cet épisode, dont Le Monde a pu consulter le compte rendu complet, n’est qu’une exaction parmi tant d’autres commises par des alliés de la Turquie à avoir retenu l’attention des enquêteurs de la Commission indépendante internationale des Nations unies sur la Syrie. Leur rapport sur la situation des droits humains dans le pays, paru mardi 15 septembre, porte sur des violations documentées par l’ensemble des acteurs du conflit syrien décrit avec une autorité jusqu’alors inédite et en profondeur l’ordre de terreur imposé par la Turquie dans deux régions kurdes de Syrie donnant à voir entre les lignes la responsabilité d’Ankara dans ces atrocités.

Résultat d’offensives menées en 2018 et 2019 contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, dans le contexte du conflit qui oppose sur son territoire Ankara au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), la mainmise turque sur ces territoires s’est installée au fil des mois loin du regard des observateurs internationaux. Sans précédent, du fait de sa précision et de ses implications, le texte rédigé sous le mandat du Conseil des droits de l’homme des Nations unies va désormais jusqu’à décrire, en creux, la Turquie comme la puissance occupante de ces territoires. Une source diplomatique turque a indiqué au Monde qu’Ankara n’avait pas pour l’heure de réaction à apporter, rappelant que la Turquie avait coopéré avec les enquêteurs de la commission.

Politique d’exactions planifiée

Les violations documentées ont été commises dans deux régions distantes de près de 300 kilomètres, Afrin et Ras Al-Aïn, enclaves contrôlées par la Turquie et soumises à des exactions similaires, ce qui pointe vers des pratiques systématiques dont les responsables se trouvent à Ankara. Pour la première fois, le rapport des Nations unies ne se contente pas d’énumérer des actes isolés mais une politique raisonnée dans le cadre de laquelle les exactions visant les populations kurdes ont été organisées, coordonnées, planifiées.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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