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Un comité de surveillance maintient l’exclusion de Facebook de Donald Trump

La polarisation du climat politique va devoir encore se passer, sur Facebook et Instagram du moins, d’une des plus importantes voix des dernières années. Mercredi, le comité de surveillance partiellement indépendant du réseau social a en effet confirmé l’exclusion temporaire de Donald Trump de cet espace de communication, pour au moins les six prochains mois.

L’ex-président y a été banni le 7 janvier dernier en raison du caractère incendiaire et volontairement erroné des messages qu’il y a publiés et qui ont contribué à l’insurrection du Capitole de Washington par ses partisans gonflés à bloc par les accusations, jamais démontrées, de fraude électorale. Facebook a alors justifié son geste en évoquant des messages faisant l’apologie de personnes impliquées dans des actes de violence et soutenant leur action destructrice.

Rappelons que dans la foulée de l’attaque du dôme de la démocratie américaine, Donald Trump avait qualifié de « patriotes » et de « spéciaux » les participants à cette insurrection, à qui le président en fonction a déclaré son amour. « Nous vous aimons », a-t-il dit avant de les inviter à rentrer chez eux dans la paix et à se « souvenir de ce jour pour toujours ». Cinq personnes ont perdu la vie dans ces tragiques événements.

Le comité, financé par Facebook et formé de 20 personnes issues du monde des médias, de la politique, de la justice ou de l’enseignement universitaire, qualifie de justifiée l’exclusion du populiste de Facebook et Instagram en raison de l’environnement qu’il y a créé et qui posait un « risque sérieux de violence ». Il critique toutefois le caractère « arbitraire » de la décision du réseau social qui sortait du cadre de contrôle de la parole établi pour l’ensemble des utilisateurs. Il qualifie également de « déraisonnable » et d’ « irréalisables » une mise au ban indéterminée du politicien clivant.

« Il n’est pas permis à Facebook de maintenir un utilisateur hors de sa plate-forme pendant une période indéfinie, sans aucun critère établissant quand ou si le compte sera restauré », écrit le comité dans son rapport rendu public mercredi matin.

« Une sanction permanente de ce type ne passe pas un test d’odeur à l’échelle internationale », a résumé de manière imagée le coprésident du comité de surveillance, Michael McConnell, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, tout en évoquant le fait que Facebook avait appliqué une sanction qui se dérobe à ses « propres règles » de contrôle de contenus diffusés. Le réseau applique généralement un retrait des contenus contrevenant à ses règles et une suspension temporaire à ceux et celles qui les enfreignent.

Au lendemain de l’attaque du Capitole, le réseau Twitter a imposé la même exclusion complète et indéterminée à l’ex-président des États-Unis.

« Facebook devrait soit désactiver définitivement le compte de Donald Trump, soit imposer une suspension pour une période de temps spécifique », a dit Helle Thorning-Schmidt, ex-première ministre danoise qui siège sur ce comité, citée par l’Associated Press.

Le groupe qui vient d’analyser le cadre de l’exclusion donne par ailleurs six mois à Facebook pour clarifier la sanction et décider de la suite des choses pour l’ex-président, en tenant compte de « la gravité de la violation et de la perspective d’un préjudice futur ».

Loin de s’être retiré de la scène politique après sa défaite, Donald Trump reste une figure influente au sein du parti républicain et laisse planer depuis le 20 janvier dernier et le changement de garde à Washington, le spectre d’une candidature pour la présidentielle de 2024.

Par voie de communiqué, Facebook s’est dit mercredi satisfait par les conclusions du comité de surveillance et a indiqué vouloir étudier plus à fond sa décision pour déterminer une « action claire et proportionnée » à l’endroit de Donald Trump.

Si elle devait réintégrer le politicien dans son espace commercial de socialisation en ligne, Facebook devrait être en mesure de traiter avec célérité d’éventuelles autres violations à son code de conduite, indique le comité de surveillance.

« C’est un triste jour pour l’Amérique et un triste jour pour Facebook », a commenté l’ancien chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, sur Fox News mercredi matin. Il estime que cette décision du comité de surveillance vient accroître la possibilité d’une action politique contre les compagnies technologies qui ont privatisé les espaces de débat public et en manipule les cadres et leur tonalité. « Brisez-les », a appelé sur Twitter le représentant Jim Jordan, un proche allié de Trump et le républicain le plus vocable du comité judiciaire de la Chambre des représentants.

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Source: Monde / États-Unis – Le Devoir

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