International

Semaine de l’économie positive : réinvestir dans l’économie de la vie

Pierre-Yves Brossard

Le levier de croissance des décennies à venir

En mars dernier, nous assistions impuissants à la réalisation d’un risque planétaire, au scénario du pire. Nous sommes depuis plongés dans une crise systémique révélant les faiblesses de nos choix passés.

Cette crise met en évidence la fragilité d’une mondialisation faite de chaînes logistiques complexes et d’interdépendances multiples, et, à l’inverse, révèle la résilience des secteurs de l’économie de la vie qui déploient leurs actions au plus près des territoires.

L’économie de la vie est constituée de toutes les activités permettant de garantir, au quotidien, de bonnes conditions d’existence pour les êtres humains. Elle regroupe un large ensemble de secteurs essentiels parmi lesquels la santé, l’éducation et l’agriculture. Ils constituent les piliers fragiles de notre société. Comment justifier alors le décalage entre leur apport essentiel et leur manque de ressources, faute de rencontrer les standards de performance financière voulus par l’époque ?

Il n’y a rien d’anachronique à l’économie de la vie. Bien au contraire. Elle est celle du présent et plus encore du futur.

C’est pourquoi nous devons saisir ce moment pour réorienter vers elle, de façon massive, l’investissement. Les plans de relance ne peuvent être de simples remises à flot, ils doivent au contraire soutenir le développement des activités les mieux à même de répondre aux enjeux de demain.

Investir dans l’économie de la vie, c’est agir à court terme pour éviter l’implosion de nos systèmes de santé, renforcer une école devenue un rempart fragile contre le creusement des inégalités. C’est poser les fondements d’une organisation capable de faire face aux incertitudes. Cela représente un important gisement d’emplois non délocalisables et peu sensibles à la conjoncture, ceux-là mêmes qui, au plus fort de la crise, font la démonstration de leur caractère essentiel.

Pour orienter les investissements en priorité vers la santé, l’éducation et les énergies propres, nous pouvons dès aujourd’hui appeler à la mobilisation des fonds souverains. Ceux-ci disposent de capacités d’investissements sans égal leur permettant d’agir comme des agents du changement à large échelle.

Nous pouvons également inciter à flécher une partie de l’épargne salariale vers ces secteurs. A l’heure des entreprises à mission, c’est une opportunité pour les dirigeants et les salariés d’aller plus loin en s’engageant de façon concrète au quotidien.

Enfin, le renforcement de l’investissement public dans ces domaines est essentiel. Il s’agit de sortir d’une gestion court-termiste et de la recherche incessante de réduction des coûts pour soutenir une stratégie d’investissement à long terme, indispensable pour redonner des marges de manœuvre aux acteurs. C’est à ces conditions que l’économie de la vie peut devenir le levier d’une croissance positive des décennies à venir.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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