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Qui remplacera Angela Merkel?

Le moment est venu d’ouvrir un nouveau chapitre, avait déclaré Angela Merkel… en octobre 2018. Plus de deux ans et une pandémie plus tard, l’Allemagne s’apprête à tourner la page. Lentement.

Cette fin de semaine, l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Merkel (CDU) a désigné un nouveau chef. Il s’agit d’Armin Laschet, l’actuel président de la région la plus peuplée d’Allemagne, le « lander » Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Nouvelle fenêtre).

M. Laschet n’est pas automatiquement devenu chancelier allemand ce week-end, mais il est maintenant à la tête du parti le plus populaire du pays. Autant dire qu’il est en bonne position pour les élections nationales de septembre, qui décideront du prochain chancelier.

Le congrès de la CDU était virtuel, mais ses impacts seront bien réels pour l’Allemagne, dirigée durant plus de 15 ans par une chancelière centriste et pragmatique, et pour l’Europe, guidée par une dirigeante aux instincts de coopération et de compromis.

Qui est Armin Laschet?

Le nouveau président de l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Markel (CDU), Armin Laschet

Photo : Getty Images / Pool

Le nouveau patron de la CDU peut être considéré comme un politicien de carrière, même s’il a été journaliste durant quelques années après ses études.

Francophone, il s’est souvent montré sensible au sort des réfugiés, défendant fortement la décision controversée de Mme Merkel d’accueillir un million de migrants en 2015.

L’homme de 59 ans a souvent été décrit comme le choix de la continuité. Une rupture avec Angela Merkel serait une folie, a-t-il répété à plusieurs reprises récemment.

Ce choix confirme donc cette volonté de continuité mais, pour la CDU, il s’est aussi révélé déchirant. Armin Laschet n’a pas obtenu 53 % des voix au second tour.

Son rival Friedrich Menz proposait une avenue plus conservatrice, un retour à l’avant-Merkel, un virage vers la droite dans l’espoir de rallier les électeurs parfois déçus du pragmatisme d’Angela Merkel et séduits par l’extrême droite.

Le rôle principal du successeur de Merkel, expliquait Karl-Rudolf Korte, politologue à l’Université Duisburg-Essen, sera de rassembler les différentes voix du parti […] et de préserver la coopération avec le reste de l’Europe.

Justement, sous Merkel, l’Allemagne a offert une certaine stabilité à l’Union européenne, naviguant hors des zones de crise, souvent en collaboration avec le partenaire français. Sous Laschet, la CDU devrait poursuivre dans cette direction.

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Et si ce n’était pas Laschet?

Attention : rien ne garantit qu’Armin Laschet sera celui qui tournera vraiment la page de l’ère Merkel.

Dans la campagne qui s’achève, il n’a pas soulevé trop d’enthousiasme. Pas plus que ses deux principaux adversaires.

Malgré son élection à la direction de la CDU, le parti pourrait demander à un autre politicien de se porter candidat au poste de chancelier.

Quelques noms circulent, dont ceux du ministre de la Santé, Jens Spahn, et de l’actuel responsable de la Bavière, Markus Söder.

Ce dernier est affilié à la CSU, le parti frère de la CDU de Merkel. Populaire, il est un peu considéré comme le bras droit de la chancelière dans la gestion de la crise du coronavirus.

La CDU domine la politique allemande depuis des décennies. Les choix du parti ont aussi beaucoup d’influence en Europe.

Oui, les chrétiens-démocrates demeurent dans les intentions de vote, mais cette popularité semble surtout imputable à la gestion de la pandémie par Angela Merkel.

Or, sans le nom de cette politicienne si familière aux Allemands sur les bulletins de vote, leur préférence changera-t-elle?

La fin de l’ère Merkel est annoncée, mais autant dire que le dernier chapitre n’est pas tout à fait écrit.

Source: Radio-Canada | international

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