International

Prochain débat présidentiel virtuel | Donald Trump refuse de participer

(Washington) « Inacceptable » : Donald Trump, traité pour la COVID-19 mais qui assure ne plus être contagieux, a refusé jeudi de participer au prochain débat contre son rival démocrate Joe Biden sous forme virtuelle.

Publié le 8 octobre 2020 à 7h51 Mis à jour à 10h46

Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse

Prenant acte de la contamination du président américain au nouveau coronavirus, la commission indépendante chargée d’encadrer les débats présidentiels a décidé jeudi matin que Donald Trump et Joe Biden pourraient s’affronter comme prévu le 15 octobre mais en se tenant « dans des lieux séparés » et « à distance ».

Les nouvelles règles visent à « préserver la santé et à garantir la sécurité de tous les participants », a justifié la commission, au lendemain d’un débat entre les colistiers républicain Mike Pence et démocrate Kamala Harris, qui ont échangé leurs flèches au travers de parois en plexiglas.

« Je ne vais pas perdre mon temps dans un débat virtuel. Débattre ce n’est pas ça », a immédiatement réagi Donald Trump sur la chaîne Fox Business.

« Je ne pense pas être contagieux du tout », a-t-il assuré.

Son directeur de campagne a enfoncé le clou dans un communiqué, accusant la commission des débats présidentiels de « voler à la rescousse » d’un Joe Biden, accusé d’être moins énergique et pugnace.

« Nous allons faire l’impasse sur ce prétexte pour renflouer Joe Biden et organiser un rassemblement à la place », a écrit Bill Stepien, sans préciser si le président y prendrait part.

« J’ai hâte de reprendre les rassemblements », a toutefois déclaré Donald Trump, dont la campagne a été brusquement interrompue par la maladie, alors que son rival continue de sillonner, à son rythme, les États-Unis.

Joe Biden est ainsi attendu jeudi en Arizona, l’un des États-clés qui pourrait tomber dans l’escarcelle démocrate et faire basculer le résultat le 3 novembre.

Avant de s’envoler, il a refusé de réagir à chaud. « Je ne sais pas ce que le président va faire, il change d’avis toutes les secondes. Commenter à ce stade serait prématuré », a-t-il dit à la presse.

« Don du ciel »

Le boycottage du prochain débat enterre l’un des derniers grands rendez-vous des campagnes présidentielles américaines à avoir survécu à la pandémie, après la réduction à peau de chagrin des conventions des partis et des grands rassemblements électoraux.

Les États-Unis sont le pays le plus touché au monde par le nouveau coronavirus, qui y a fait plus de 210 000 morts et détruit des millions d’emplois.

Parvenu jusqu’à la Maison-Blanche, le virus a contaminé le président, son épouse Melania, et de nombreux conseillers.

Hospitalisé pendant trois jours, Donald Trump a fait son retour lundi à la présidence et se montre depuis soucieux apparaître en pleine forme et au travail.

« Je pense que c’était en réalité un don du ciel que je l’aie attrapé », a même lancé le président, presque euphorique, dans une vidéo publiée sur Twitter mercredi soir.

Jeudi, c’est sur l’économie qu’il a affiché son optimisme, évoquant de « fortes chances » de parvenir à un accord avec l’opposition démocrate sur un nouveau plan de soutien à l’économie.

Les discussions sont « très productives », a-t-il ajouté, alors qu’il avait brusquement mis fin mardi à ces négociations, suscitant une consternation quasi-générale.

« Gros échec »

Le marasme économique et le terrible bilan humain de la pandémie aux États-Unis ont été au coeur des échanges mercredi soir entre le vice-président Mike Pence et la démocrate Kamala Harris.

« Les Américains ont été témoins de ce qui est le plus gros échec de toute administration présidentielle dans l’histoire de notre pays », a lancé d’emblée la sénatrice de 55 ans, qui serait la première femme à devenir vice-présidente des États-Unis en cas de victoire de Joe Biden dans 26 jours.

Défendant au contraire les mesures de l’administration Trump, Mike Pence, 61 ans, a accusé Kamala Harris de « saper la confiance » des Américains dans un vaccin actuellement en préparation – alors que les démocrates accusent la Maison-Blanche de vouloir court-circuiter les procédures pour qu’un vaccin soit prêt avant le scrutin.

Huit jours après le premier face-à-face entre le président républicain, 74 ans, et son adversaire démocrate, 77 ans, qui avait viré au pugilat verbal, le duel entre les colistiers a donné lieu à des échanges sur le fond, plus posés, bien que fermes.

Mais dans les faits, le débat n’a pas fait émerger un vainqueur apparent, au moment où le « ticket » républicain doit absolument rattraper son retard de plus en plus marqué dans les sondages.  Et c’est une mouche, venue se poser dans la chevelure argentée de Mike Pence, qui a capté l’attention.

Outre le débat du 15 octobre, dont le sort semble scellé, une dernière rencontre est programmée pour le 22 octobre entre Donald Trump et Joe Biden.

Source: LaPresse.ca – International

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :