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Pour l’opposant biélorusse Pavel Latouchka, « l’UE est devenue l’otage de la Russie »

 

Depuis la Pologne, où il s’est exilé en août, l’ancien ministre biélorusse de la culture, et ex-ambassadeur à Paris, Pavel Latouchka, dirige le Comité de gestion de crise (CGC) créé au sein du Conseil de coordination de l’opposition.

Comment expliquez-vous que les gens n’aient pas soutenu la grève générale lancée fin octobre contre le régime ?

Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. La grève a été suivie dans un grand nombre d’entreprises, mais malheureusement, dans la plupart des cas, les travailleurs ont été réprimés de manière très sévère : licenciements, sanctions administratives… Le régime intimide la société, et cela donne des résultats, naturellement. Les gens ont peur pour leur sécurité et la sécurité de leurs proches. Malheureusement, beaucoup quittent le pays pour s’installer en Pologne et en Lituanie.

Bien sûr, le régime continue de résister, mais nous pouvons voir qu’une rupture apparaît au sein des services de sécurité, comme la police et l’armée. Certains agissent avec inertie lors des opérations, d’autres lèvent leurs armes pour ne pas tirer sur des manifestants pacifiques.

Néanmoins, une grande partie de la société biélorusse maintient ses positions, ne veut pas reconnaître le résultat des élections falsifiées et demande de les organiser à nouveau. Les Biélorusses demandent la libération des prisonniers politiques, la réhabilitation de tous ceux qui ont été arrêtés et la poursuite de tous les agents des forces de l’ordre qui ont commis des crimes contre des citoyens biélorusses.

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Quelles sont les attentes du Conseil de coordination de l’opposition concernant l’Union européenne ?

Malheureusement, nous ne sommes pas tout à fait satisfaits de la position de la Commission, qui a été plutôt lente à imposer des sanctions, sous forme d’interdictions d’entrée des fonctionnaires coupables de répression, de harcèlement, de violence et de tortures à l’encontre de citoyens biélorusses. Nous espérons que cette liste sera considérablement élargie dans un avenir proche. Elle devrait inclure tous les juges, les officiers de police, les procureurs et les enquêteurs coupables de violer les droits et les libertés des citoyens.

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Ces dernières semaines, nous n’avons pas du tout entendu la voix de l’UE, alors que la chasse aux opposants, les arrestations et les détentions ont lieu chaque week-end. Nous en sommes surpris. Il n’y a aucune réaction, y compris de la part des pays dont les diplomates ont été expulsés de Biélorussie. Nous attendons une position plus claire et sans équivoque.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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