International

Pérou : le président Martin Vizcarra fragilisé par une procédure de destitution

Au Pérou, l’instabilité politique et la bataille entre exécutif et législatif atteint ces jours-ci de nouveaux sommets, alors que l’épidémie due au coronavirus a tué plus que partout ailleurs dans le monde en proportion de la population (plus de 30 000 morts). Quasiment un an après la dissolution du Congrès, c’est le président de la République, Martin Vizcarra, qui est cette fois sur la sellette.

Une motion de censure, initiée par le Parlement, a été déposée contre le chef de l’Etat pour « incapacité morale permanente », après la révélation d’enregistrements le mettant en cause dans une affaire de corruption. Martin Vizcarra, 57 ans, est arrivé au pouvoir en mars 2018 après le départ de Pedro Pablo Kuzcynski, qui a démissionné pour ses liens présumés avec le constructeur brésilien Odebrecht. Vizcarra a fait de la corruption son cheval de bataille, avant d’être confronté à la crise du coronavirus, en mars.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le Pérou, durement touché par l’épidémie, doit faire face également à une crise politique

Dans les documents audios ayant filtré jeudi 10 septembre, on entend le président tenter d’influencer des témoins pour falsifier leur déposition dans le cadre d’une enquête judiciaire. Cette affaire concerne des contrats irréguliers présumés passés ces dernières années entre le ministère de la culture et le chanteur Richard Cisneros, pour un montant de 50 000 dollars.

« Des faits objectifs graves », selon l’avocat pénaliste Rafael Chanjan, coordinateur du projet anticorruption de l’Université catholique péruvienne qui, « s’ils sont prouvés, constitueraient un délit d’obstruction de la justice ou relèveraient de la dissimulation de faits » et pour lesquels « Vizcarra devra répondre devant la justice ».

Porte ouverte à « l’arbitraire »

Néanmoins, ces éléments sont-ils suffisants pour destituer un président de la République ? Non, selon ce même avocat, qui estime que le concept d’« incapacité morale permanente » brandi par le Congrès est « un texte constitutionnel aux contours flous » qui devrait être « délimité de manière plus rigoureuse, pour les faits les plus graves de nature à entacher la fonction présidentielle, qui soient prouvés et ne reposent pas seulement sur des suspicions ». Faute de quoi, ce serait la porte ouverte à « l’arbitraire » et « l’instabilité ».

L’exécutif a déposé un recours devant Tribunal constitutionnel pour faire annuler la procédure, qu’il qualifie de « complot contre la démocratie », au moment ou le pays affronte le pic de l’épidémie, qui commence tout juste à refluer.

Il vous reste 58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :