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Où en est le fameux mur de Trump à la frontière?

 

Dans le fin fond du sud de l’Arizona, à Sasabe, John Ladd n’est pas peu fier de voir, au bout de son ranch, le fameux mur de la frontière en cours de construction. Cet éleveur de bétail qui semble tout droit sorti d’un bon vieux film western ne tarit pas d’éloges au sujet du président. Ce mur est magnifique, dit-il de sa voix graveleuse, le président a tenu sa promesse.

Son ranch jouxte la frontière mexicaine sur une distance de 15 kilomètres. Pour ce républicain convaincu, ce mur ou plutôt cette clôture haute de 10 mètres devrait permettre de stopper le trafic incessant de migrants qui passent sur sa propriété. En 30 ans, dit-il, un demi-million de clandestins ont été interceptés chez moi.

Un demi-million, vraiment? Oui un demi-million, c’est la réalité. Ils viennent dans ma maison, volent des choses.

Le phénomène n’est pas unique, puisque ses voisins ont constaté la même chose et parfois, ils font des découvertes macabres. On a trouvé 14 corps sur mon ranch. Chaque été, il y en a qui meurent de soif ou de faim et l’hiver il y en a qui meurent de froid.

Efficace jusqu’à un certain point

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C’est le genre de situation que connaît bien le shérif adjoint du comté de Pima, Chance Kennedy. Comme le comté compte 200 kilomètres de frontière avec le Mexique, il écope des dommages collatéraux générés par le trafic de clandestins, mais surtout de ceux liés au trafic de drogue.

Nous faisons face à une épidémie de problèmes reliés aux opioïdes. Le fentanyl en provenance du Mexique est un véritable fléau de ce côté-ci de la frontière. Une bonne partie de la solution à ce problème, selon le shérif adjoint, c’est ce fameux mur, plus efficace que la mince clôture métallique qu’il remplace. Il suffisait de scier cette clôture, de dissimuler le trou pour que les autres migrants puissent passer à travers plus tard, explique-t-il.

La frontière américano-mexicaine s’étend sur plus de 3000 kilomètres. À ce jour, environ 550 kilomètres de mur ont été bâtis. Mais il s’agit surtout de mur qui a remplacé des clôtures déjà existantes. Quand on parle de mur vraiment nouveau, seuls quelques kilomètres auraient été construits.

Des trous qui génèrent des problèmes

Le mur, si efficace soit-il pour juguler le trafic humain et celui des drogues, comporte quelques trous par lesquels on peut traverser sans problème. Mark Napier, shérif du comté de Pima, explique le défi : En sécurisant les zones faciles à sécuriser avec des barrières, un mur, une clôture, peu importe le nom, vous forcez les trafiquants à aller dans des zones plus reculées, où nous avons moins de ressources et où c’est plus difficile d’accès.

Il faut donc plus de ressources sur le terrain pour intercepter notamment la drogue en provenance de l’autre côté de la frontière. Mur ou pas, les trafiquants s’adaptent.

Ils utilisent des drones maintenant, explique le shérif, des canons à air aussi pour faire traverser la drogue par-dessus le mur.

Au bout du compte, malgré le mur, il ne voit pas de réduction de l’envergure du problème.

Nous avons besoin de plus de moyens de la part du gouvernement fédéral, des ressources, des technologies de surveillance maintenant.

Le shérif Mark Napier

Il faut que Washington arrête cette partisanerie toxique, selon ce shérif pour qui le climat d’élections présidentielles ne produit aucune solution viable.

15 kilomètres par semaine

Aussi controversé soit-il, le mur de la frontière se construit à une cadence accélérée de 15 kilomètres par semaine. Ce qui réjouit John Ladd, qui a maintenant un mur sur toute la longueur de son ranch. Mais il suit avec inquiétude l’élection présidentielle. Cette dernière n’est pas gagnée d’avance pour Donald Trump si l’on se fie aux sondages, qui lui sont défavorables.

Si jamais le président n’est pas réélu, dit-il, les démocrates vont démolir le mur. Les frontières seront ouvertes et le socialisme rentrera aussi. Ce sera un désastre pour les États-Unis si le président perd.

Source: Radio-Canada | international

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