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Le «déchirant» bilan des États-Unis

Le bilan de l’épidémie de COVID-19 aux États-Unis, qui a dépassé 500 000 morts lundi, est « déchirant », a déclaré d’une voix émue le président américain, Joe Biden, lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche. « Nous devons résister à la tentation de voir chaque vie comme une statistique […] Nous devons le faire pour honorer les morts », a-t-il ajouté alors qu’il s’apprêtait à observer une minute de silence en présence de son épouse, Jill Biden, de la vice-présidente, Kamala Harris, et de son époux, Doug Emhoff. « Je demande aussi que nous agissions, que nous restions vigilants, que nous gardions nos distances, que nous portions des masques, que nous nous fassions vacciner », a-t-il ajouté.

Après l’allocution, les deux couples de l’exécutif américain sont apparus devant la Maison-Blanche, où ils se sont recueillis quelques instants, d’abord silencieux puis accompagnés dans cet hommage par le très populaire cantique Amazing Grace, joué par un orchestre de marines. Joe Biden s’est ensuite signé, entouré de 500 bougies pour symboliser les 500 000 morts disposées sur le balcon de la Maison-Blanche et sur les escaliers qui y mènent, avant de se soustraire aux regards et aux caméras.

Avec au moins 500 160 personnes ayant succombé au virus et plus de 28 millions de cas de contaminations, les États-Unis sont le pays le plus touché au monde en valeur absolue par la pandémie.

« Davantage d’Américains sont morts pendant cette pandémie que lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam combinées », avait souligné le président plus tôt lundi dans une proclamation, moins d’un an après l’annonce, le 29 février 2020, du premier mort du virus aux États-Unis. Le président démocrate avait aussi ordonné une mise en berne des drapeaux sur l’ensemble des bâtiments fédéraux pendant cinq jours.

« C’est quelque chose qui restera dans l’histoire », a souligné l’immunologue Anthony Fauci, conseiller du président Joe Biden.

Le seuil des 400 000 décès avait été dépassé un mois plus tôt, à la veille de l’intronisation de Joe Biden, qui a fait de la lutte contre l’épidémie la priorité absolue de son début de mandat. Aux États-Unis, le rythme actuel des vaccinations (1,7 million d’injections quotidiennes en moyenne) donne cependant espoir. « Je crois que nous allons nous rapprocher de la normalité d’ici la fin de cette année », a ainsi affirmé vendredi Joe Biden. Plus de 44,1 millions de personnes ont déjà reçu au moins une dose des deux vaccins autorisés aux États-Unis (Pfizer-BioNTech et Moderna), dont 19,4 millions ont eu les deux injections nécessaires.

Davantage d’Américains sont morts pendant cette pandémie que lors de la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam combinées.

Selon Joe Biden, 600 millions de doses, de quoi vacciner l’ensemble de la population, seront disponibles d’ici fin juillet. Et les États-Unis pourraient bien avoir un troisième vaccin autorisé d’ici la fin de la semaine, celui de Johnson & Johnson, sur lequel un comité doit rendre un avis consultatif vendredi.

Un timide optimisme auquel faisait écho, lundi, l’annonce de la réouverture des cinémas de New York, prévue le 5 mars, avec une jauge maximum de 25 % de la capacité d’accueil habituelle et une limite de 50 spectateurs par salle.

Déconfinements prudents

Comme les salles obscures new-yorkaises,le Royaume-Uni devrait progressivement rouvrir après les restrictions imposées début janvier après une explosion de l’épidémie liée au variant apparu dans le Kent. Le premier ministre, Boris Johnson, a présenté lundi un plan progressif pour faire sortir du reconfinement le pays européen le plus durement frappé par la COVID-19, avec plus de 120 000 morts.

Le gouvernement britannique a annoncé viser une réouverture des commerces non essentiels et des musées à partir du 12 avril en Angleterre. Suivront les cinémas, les hôtels, les stades (avec maximum 10 000 personnes) et les restaurants à partir du 17 mai. L’objectif est de lever les dernières restrictions en juin. Les écoles rouvriront, elles, dès le 8 mars. Chaque nation décidant de sa stratégie en matière de déconfinement, les écoles rouvrent progressivement dès lundi en Écosse et au pays de Galles.

La campagne de vaccination lancée en décembre bat son plein : un adulte sur trois a reçu une première dose. D’ici mi-avril, les plus de 50 ans devraient tous avoir reçu une première dose.

En Allemagne, malgré la crainte d’une troisième vague épidémique liée au variant britannique, les écoles rouvrent lundi dans la majeure partie du pays avec des conditions sanitaires draconiennes, après deux mois de fermeture. Des mesures de confinement vont en revanche être imposées ces deux prochains week-ends en France, sur une partie de la Côte d’Azur, avec des contrôles renforcés aux aéroports de la région et à la frontière italienne.

Dans le monde, la pandémie a fait plus de 2,46 millions de morts depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP lundi soir. Partout, les gouvernements misent sur les injections pour tenter de venir à bout de la pandémie : plus de 210 millions de doses de vaccins anti-COVID-19 ont été administrées dans le monde. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dénonce toutefois « le nationalisme vaccinal », soulignant qu’« à eux seuls, dix pays se sont partagé plus de trois quarts des doses de vaccin contre la COVID-19 administrées à ce jour ».

 

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Source: Monde / États-Unis – Le Devoir

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