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L’Argentine entame la difficile renégociation de sa dette avec le FMI

 Le président argentin, Alberto Fernández, en visite à l’Elysée, le 5 février. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

« La dette est insoutenable ». Catégorique, le ministre de l’économie, Martín Guzmán, a exposé devant le Congrès argentin, mercredi 12 février, les raisons pour lesquelles le gouvernement d’Alberto Fernández (centre-gauche, au pouvoir depuis le 10 décembre 2019) cherchera à rééchelonner le remboursement d’une grande partie de la dette publique du pays. D’une valeur totale de 311 milliards de dollars (286 milliards d’euros), celle-ci dépasse actuellement les 90 % du PIB de l’Argentine.

Le pays doit notamment reverser au Fonds monétaire international (FMI) les 44 milliards de dollars que l’institution financière lui a octroyé pour l’aider à faire face à la grave crise économique et sociale que traverse l’Argentine depuis mi-2018. Le prêt sollicité par l’ex-président libéral Mauricio Macri (2015-2019) devait s’élever au total à 57 milliards de dollars, mais le nouveau chef d’Etat Alberto Fernández n’a pas souhaité recevoir le reste de ces versements – « ce que je veux, c’est arrêter de demander de l’argent et commencer à payer », a-t-il déclaré, fin novembre 2019.

« Dans les faits, l’accord entre l’Argentine et le FMI est caduc »

Chute de la production et de la consommation, forte hausse du chômage, de l’inflation et de la pauvreté (qui concerne actuellement près de 40 % des Argentins)… Mercredi 12 février, M. Guzmán a déroulé une série d’indicateurs alarmants devant les membres du Congrès. Très critique envers la mauvaise gestion du gouvernement Macri – « Le plus grand prêt de l’histoire du FMI n’a absolument pas été utilisé pour accroître la capacité de production du pays mais pour rembourser des dettes et financer la fuite des capitaux » –, le ministre de l’économie a fustigé le plan d’austérité exigé par l’organisation internationale en contrepartie de son prêt, jugeant le FMI « responsable de la crise de la dette et de la crise économique que vit aujourd’hui l’Argentine. »

La présentation du ministre coïncidait justement avec l’arrivée d’une mission technique du FMI à Buenos Aires, la première depuis le début du mandat d’Alberto Fernández. Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Congrès mercredi, à l’appel d’organisations et de syndicats, avec pour cri de ralliement : « Fuera el FMI ! » (le FMI dehors !).

Si cette visite – de cinq jours – doit en théorie permettre d’évaluer la situation économique du pays, « dans les faits, l’accord entre l’Argentine et le FMI est caduc, signale Pablo Bortz, économiste professeur à l’Université nationale de San Martín, et cette mission servira plutôt à définir les grandes lignes de la renégociation de la dette. »

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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