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La Hongrie de nouveau pointée du doigt par le reste de l’Europe

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, arrive au Parlement pour voter une loi donnant des « pouvoirs spéciaux » au gouvernement durant la crise du coronavirus, le 30 mars, à Budapest. POOL New / REUTERS

Une nouvelle fois, la Hongrie est la source d’une brusque montée de tension politico-diplomatique européenne concernant le respect de l’Etat de droit, mais il n’est pas certain que cela change quoi que ce soit. Jeudi 2 avril, deux lettres ont circulé dans les capitales des pays de l’UE pour condamner la loi d’état d’urgence adoptée lundi 30 mars par Budapest, et qui permet au premier ministre nationaliste Viktor Orban de légiférer par décret pendant une durée indéterminée. Officiellement destinée à lutter contre le coronavirus, cette réforme est vivement critiquée par l’opposition et les ONG hongroises, qui estiment que M. Orban s’est attribué de facto « des pleins pouvoirs ».

Dans la première missive, au moins quatorze gouvernements de l’UE, dont la France, l’Allemagne et l’ensemble de l’Europe de l’Ouest à l’exception de l’Autriche, déclarent être « profondément préoccupés par le risque de violation des principes de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux découlant de l’adoption de certaines mesures d’urgence ». Celles-ci « devraient être limitées à ce qui est strictement nécessaire, être proportionnées et provisoires par nature », ajoutent ces Etats membres, dans une allusion claire à la Hongrie, mais sans que celle-ci soit toutefois nommée.

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La seconde est issue du Parti populaire européen (PPE), la famille des droites, dont la formation de M. Orban – le Fidesz – fait toujours partie, même si elle en est « suspendue » depuis mars 2019 à la suite, déjà, de réformes contestées. Dans celle-ci, treize délégations nationales issues de onze pays ont demandé à Donald Tusk, le président du PPE, d’expulser le Fidesz de leurs rangs. Ils estiment que les projets de M. Orban sont « une claire violation de la démocratie libérale et des valeurs européennes ». « La lutte contre le Covid-19 (…) ne peut être utilisée comme un prétexte pour étendre indéfiniment l’état d’urgence », soulignent les signataires.

« Insupportable et inacceptable »

Mais si le premier ministre conservateur grec, Kyriakos Mitsotakis, fait partie des signataires, aucune des grandes délégations nationales ne l’a signée, ni Les Républicains français ni la CDU-CSU allemande, qui joue un rôle-clé au PPE. Président du groupe PPE au Parlement, l’Allemand Manfred Weber (CSU) avait pourtant, antérieurement, condamné la position du Fidesz, et l’eurodéputé CDU Daniel Caspary a indiqué la semaine dernière que le projet de loi hongrois était « insupportable et inacceptable ».

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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