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La crise accentue les divergences entre Américains et Européens

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles, le 16 mars 2020, après la visioconférence des pays du G7. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Les Européens ont eu bien des déceptions, ces dernières années, avec les Etats-Unis. La sortie américaine de l’accord de Paris sur le climat et de celui sur le nucléaire iranien en sont les exemples les plus criants. Cet éloignement politique et affectif, suscité par l’unilatéralisme méprisant de l’administration Trump, s’accentue-t-il avec la crise du coronavirus ? La réunion par visioconférence des ministres des affaires étrangères du G7, mercredi 25 mars, a alimenté cette impression, aucun communiqué n’ayant été publié à son terme. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a poussé, seul, pour que soit employée l’expression « virus de Wuhan », pour mettre en cause la Chine. Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a souligné, pour sa part, « la nécessité de combattre toute instrumentalisation de la crise à des fins politiques ».

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Les Européens ont été heurtés par la façon dont les Etats-Unis – qui comptabilisaient, mercredi 25 mars, plus de mille morts dus au coronavirus – ont fermé leur espace aérien aux vols en provenance de 26 pays de l’espace Schengen. Une décision « prise unilatéralement et sans concertation », ont noté le 12 mars, dans un communiqué inhabituel, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel. Le choix d’exclure de cette mesure le Royaume-Uni avait renforcé l’idée d’une punition sélective, de nature politique.

En outre, l’administration américaine n’a pas manifesté de solidarité élémentaire à l’égard de ses partenaires européens. En revanche, Donald Trump a envoyé une lettre au dictateur nord-coréen Kim Jong-un, comme l’a rapporté Pyongyang, afin de proposer un appui dans la lutte contre la pandémie. Dimanche 22 mars, Donald Trump a confirmé sa main tendue à la Corée du Nord en citant un autre pays susceptible d’être aidé, l’Iran.

« Volonté de prédation »

Une chose ne risque pas de contrarier le président américain : l’ONU a disparu des radars. Seules ses agences, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), se trouvent en première ligne, chacune dans son domaine. La concertation existe ailleurs. Une visioconférence des chefs d’Etat et de gouvernement du G7, présidé cette année par les Etats-Unis, s’est tenue dès le 16 mars, sur proposition de Paris. C’était avant même l’annonce par la Banque centrale européenne (BCE) d’un achat d’obligations de 750 milliards d’euros, avant la suspension par l’UE de la règle d’or des 3 % maximum de déficit. Le G7 a ouvert la voie à ces mesures hors normes, en se disant prêt à faire « tout ce qui est nécessaire » pour assurer la stabilité mondiale.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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