International

Hospitalisé à Berlin, Alexeï Navalny sort de son silence

Son état de santé s’est nettement amélioré : une semaine après avoir été sorti du coma artificiel dans lequel il avait été plongé, l’opposant russe Alexeï Navalny a diffusé, mardi 15 septembre, sur Instagram une photo accompagnée d’un message. Assis sur son lit d’hôpital, les yeux ouverts, en compagnie de sa famille, il écrit :

« Je ne sais encore presque rien faire, mais hier [lundi] j’ai pu respirer par moi-même toute une journée. Ça m’a beaucoup plu, c’est un procédé étonnant et sous-estimé par beaucoup. Je le recommande. Vous me manquez. »

C’est sa première publication sur son compte – qui totalise 1,7 million d’abonnés – depuis son empoisonnement à la fin d’août.

Alexeï Navalny a été victime d’un malaise le 20 août à bord d’un avion entre la Sibérie et Moscou après avoir bu du thé à l’aéroport. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août en Allemagne.

Lire aussi Affaire Navalny : Macron dénonce une « tentative d’assassinat » et demande à Poutine une « clarification »

Un retour prévu en Russie

Un laboratoire militaire allemand a conclu le 3 septembre à l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, par un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à des fins militaires à l’époque soviétique, ce que Moscou conteste. Des laboratoires français et suédois ont confirmé lundi les conclusions allemandes. Emmanuel Macron a dénoncé une « tentative d’assassinat ». Paris et Berlin réclament des explications à Moscou, qui met en doute la thèse de l’empoisonnement.

Interrogé mardi à ce sujet, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé que la Russie était prête à faire la lumière sur cette affaire mais qu’elle avait besoin pour cela d’avoir accès à des informations détenues par l’Allemagne. Moscou refuse par ailleurs d’ouvrir une enquête criminelle sur l’affaire car les médecins russes affirment n’avoir identifié aucune substance toxique dans l’organisme de M. Navalny lorsqu’il a été hospitalisé en Sibérie.

La Russie affirme aussi n’avoir aucun stock de Novitchok. Ces stocks « ont été détruits en accord avec le protocole et les règlements de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques » (OIAC), a déclaré le chef du renseignement extérieur Sergueï Narychkine, selon les agences de presse russes. Il a souligné avoir « beaucoup de questions pour la partie allemande » car « quand Alexeï Navalny a quitté le territoire russe, il n’y avait pas de substance toxique dans son corps ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Cette nouvelle épreuve russe est un test de maturité pour l’Europe, qui l’affronte sans les Etats-Unis »

Concernant l’état de santé du patient, leporte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui ne prononce jamais le nom de l’opposant, a dit, d’après les agences russes, que « tout le monde » serait « content » s’il se remettait.

Victoire électorale symbolique

Ce premier message de l’opposant russe paraît au lendemain d’une victoire électorale symbolique à Tomsk, en Sibérie occidentale, où deux de ses partisans sont entrés au conseil municipal, une première. D’autres ont été élus dans la troisième ville du pays, Novossibirsk, également en Sibérie occidentale.

Interrogée quant à un retour de M. Navalny en Russie une fois rétabli, sa porte-parole a répondu qu’« il n’avait jamais été question d’autre chose ». « Je comprends pourquoi on se pose la question, mais je trouve néanmoins étrange qu’on puisse penser » qu’il choisisse l’exil, a-t-elle commenté sur Twitter.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Russie, des élections locales marquées par des accusations de fraudes

Le Monde avec AFP et Reuters

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :