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Face aux tensions persistantes avec la Turquie, la Grèce muscle sa défense militaire

« L’heure est venue de renforcer nos forces armées. » Le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a ainsi justifié samedi 12 septembre de nouveaux contrats d’armement avec la France, une première après plus de dix ans de crise économique. Le contexte justifie les moyens déployés, au moins 10 milliards d’euros sur quatre ans selon des sources ministérielles, dans un climat de vives tensions avec la Turquie, depuis le déploiement, le 10 août, de l’Oruç-Reis, un navire de prospection sismique turc escorté de bâtiments de guerre dans des eaux revendiquées par la Grèce et riches en hydrocarbures. « Les provocations rhétoriques de la part d’Ankara sont quasi quotidiennes, c’est du jamais-vu depuis 1974 et l’offensive turque à Chypre », note Konstantinos Filis, directeur de l’Institut grec des relations internationales.

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Ces derniers mois, le gouvernement grec avait accéléré les négociations avec la France pour renforcer leur alliance militaire et acquérir de nouveaux armements. En janvier déjà, un accord prévoyant la mise en place d’opérations navales, aériennes et terrestres conjointes avait été signé. Le 13 août, c’est d’ailleurs dans ce cadre que la frégate française Lafayette avait été déployée en Méditerranée orientale, suivie par l’arrivée de 2 Rafale français basés en Crète et à Chypre. Samedi, le premier ministre conservateur grec a annoncé son intention d’acquérir 18 avions de combat Rafale, 6 neufs et 12 d’occasion, pour équiper son armée de l’air. Il devrait commander également 4 frégates, 4 hélicoptères de la marine, des armes antichars, des torpilles, des missiles et recruter 15 000 soldats supplémentaires.

Les premiers avions de chasse sont attendus dès mi-2021 en Grèce. Au total, leur achat devrait s’élever à plus de 2 milliards d’euros. Grâce aux récentes émissions d’obligations d’Etat grecques à dix ans qui ont rapporté 2,5 milliards d’euros, et à une réserve de 500 millions d’euros dans les caisses selon le ministère de l’économie, le gouvernement de Mitsotakis a, dès cette année, prévu d’injecter 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour les dépenses militaires. Pour le parti principal d’opposition, Syriza, ces achats « très coûteux » d’armements devraient cependant faire l’objet de discussions au Parlement et ne doivent pas être trop contraignants pour le budget de l’Etat. Avec l’épidémie de Covid-19, celui-ci doit faire face, selon l’opposition, à d’autres dépenses pour soutenir l’économie et l’emploi.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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