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En plus du compte de Donald Trump, Twitter ferme des centaines de comptes liés à QAnon

 

Donald Trump n’est pas le seul à avoir vu son compte Twitter personnel suspendu vendredi 8 janvier : plusieurs centaines de profils liés à la mouvance conspirationniste QAnon ont également été fermés dans le même mouvement.

La théorie que propage QAnon postule que Donald Trump mène une guerre secrète contre une cabale pédocriminelle qui contrôlerait en secret le gouvernement américain, voire le monde. Lors de l’envahissement du Capitole, mercredi 6 janvier, de nombreux manifestants pro-Trump arboraient les symboles liés à cette mouvance, qui s’est largement répandue aux Etats-Unis en 2020 à la faveur du confinement, mais aussi du contexte électoral.

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Le 8 janvier, la quasi-totalité des personnalités influentes du mouvement ont perdu leur compte, à commencer par le lieutenant-général à la retraite Michael Flynn, figure admirée de QAnon. Le compte de Ron Watkins, ancien administrateur du forum non modéré 8kun, et suspecté d’être l’une des personnes se cachant derrière la figure de « Q », a également été supprimé. Tout comme ceux « d’influenceurs » conspirationnistes très suivis, dont « Praying Medic » ou, pour les francophones, celui du conspirationniste québécois Alexis Cossette-Trudel.

L’avocate Sydney Powell, qui mène depuis la défaite de Donald Trump une vaste campagne de désinformation affirmant qu’une gigantesque fraude aux machines à voter a eu lieu durant l’élection, a également vu son compte supprimé. Le même jour, l’entreprise Dominion, l’un des principaux distributeurs de machines à voter aux Etats-Unis, avait annoncé qu’il portait plainte contre Mme Powell pour diffamation – l’entreprise réclame plus d’un milliard de dollars de dommages et intérêts.

Une vague de suppressions inédite mais tardive

Twitter n’a pas expliqué de manière détaillée les raisons de cette série de fermetures de comptes liés à QAnon. Mais dans le communiqué posté expliquant pourquoi le compte de Donald Trump a finalement été suspendu, Twitter évoque notamment les « projets de nouvelles manifestations armées qui ont déjà commencé à proliférer sur Twitter et ailleurs, dont des projets pour une nouvelle attaque contre le Capitole ce 17 janvier ».

Ce n’est pas la première fois que Twitter procède à une suppression massive de comptes liés à QAnon – en juillet, le réseau social avait fermé quelque 7 000 comptes, mais ces fermetures avaient largement épargné les figures les plus populaires du mouvement. La série de suppressions du 8 janvier est globalement jugée tardive par les spécialistes du mouvement. « Twitter s’est finalement décidé à utiliser la hache plutôt que le scalpel », écrit ainsi le journaliste spécialiste de QAnon Travis View.

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Une partie des militants dont le compte a été censuré ont trouvé refuge sur le réseau social non modéré et pro-Trump Parler, qui semble connaître quelques perturbations face à un afflux d’utilisateurs et de messages. L’avocate Sydney Powell y dénonce une censure « fasciste » et appelle Donald Trump à déclarer l’état d’urgence.

L’application Parler a été retirée le 8 janvier du magasin d’applications de Google, et Apple menace de faire de même si le réseau social n’apporte par la preuve, sous vingt-quatre heures, qu’il est en position de modérer les appels à la violence, nombreux sur cette plate-forme.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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