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En deux mois, Donald Trump est passé du statut de recours potentiel à celui de paria

 

Au soir du 3 novembre 2020, Donald Trump pouvait mettre en avant la mobilisation qu’il avait suscitée malgré sa gestion erratique de l’épidémie de Covid-19, la principale épreuve de son mandat. Il avait évité dans les urnes la répudiation espérée par le camp démocrate et il pouvait au contraire se prévaloir du plus important nombre de voix jamais recueilli par un candidat républicain à une élection présidentielle, du fait d’une participation historique. Les démocrates étaient en recul à la Chambre des représentants et les républicains paraissaient en mesure de conserver le Sénat.

Bien que battu par Joe Biden, Donald Trump était donc en mesure de peser durablement sur le Parti républicain. Il pouvait même entretenir la perspective d’un retour à la Maison Blanche en 2024 en dépit de son âge.

Il n’en est plus guère question depuis le 6 janvier et l’assaut donné par certains de ses sympathisants contre le Capitole, où se déroulait la procédure de validation des votes du scrutin présidentiel, précisément pour l’empêcher. Les cinq morts recensés – dont un policier – et la violence des images sont liés aux diatribes prononcées par le président quelques heures plus tôt, lorsqu’il avait lui-même invité ses partisans à marcher sur le Congrès, menaçant à demi-mot les républicains hostiles à une mise en cause du verdict des urnes.

Récit : « Tout cela, c’est de la fraude, on va se faire baiser » : le jour où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au Capitole

L’incapacité de Donald Trump à prendre la mesure de la gravité de la situation a encore aggravé son cas. Il a fallu attendre le lendemain, en fin de journée, pour qu’il condamne dans un enregistrement vidéo les débordements et admette enfin – sans prononcer son nom – que Joe Biden s’installera dans le bureau Ovale le 20 janvier, contrairement à ce qu’il affirmait encore la veille.

Il a alors promis une transition « sans accrocs » à laquelle il a pourtant porté atteinte dès le lendemain en annonçant sur Twitter qu’il n’assisterait pas à la cérémonie de prestation de serment de son successeur, contrairement à une tradition plus que centenaire. Selon la presse américaine, Donald Trump pourrait quitter la Maison Blanche dès le 19 janvier pour s’installer en Floride, dans son club de luxe de Mar-a-Lago.

Isolé et sous pression

Jusqu’à cette date, il va demeurer un président isolé et sous pression. Il a perdu « définitivement », vendredi 8 janvier, après son dernier message, son principal canal d’expression, ce compte Twitter suivi par plus de 88 millions de personnes dont il a toujours justifié l’usage abrasif comme unique moyen de contourner des médias présentés comme unanimement hostiles. Cette mesure radicale a été justifiée par le réseau social « en raison d’un risque d’incitation à la violence », « après un examen attentif des récents Tweet du compte @realDonaldTrump et dans le contexte qui les entoure ».

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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