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Donald Trump classe le virus et les violences policières pour se poser en président de la reprise économique

Donald Trump, devant les journalistes, lors d’une conférence de presse dans la roseraie de la Maison Blanche, à Washington, le 5 juin. KEVIN LAMARQUE / REUTERS

Donald Trump attendait cet instant depuis longtemps : un chiffre positif pour tenter de solder un printemps de crises. Dès l’annonce de la création de 2,5 millions d’emplois en mai, vendredi 5 juin, le président américain a convoqué une conférence de presse, dans la roseraie de la Maison Blanche, qui s’est transformée en cri de victoire.

Disparu « le président en temps de guerre » contre « l’ennemi invisible », le Covid-19, apparu en mars aux Etats-Unis. Donald Trump s’est d’ailleurs félicité du retour à un alignement classique pour les chaises destinées aux journalistes – qui n’ont pas pu lui poser une seule question – alors qu’elles respectaient jusque-là les règles de distanciation imposées par la situation sanitaire. Plus de 3 500 Américains ont encore été emportés par la maladie au cours de la semaine.

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Oublié « le président de la loi et de l’ordre » annoncé lundi, après les émeutes déclenchées par le meurtre de George Floyd, un Afro-Américain, au cours d’une arrestation par la police de Minneapolis. « J’espère que George nous regarde d’en haut et dit que c’est une grande chose qui se passe pour notre pays. C’est un grand jour pour lui, c’est un grand jour pour tout le monde. C’est un grand, grand jour en termes d’égalité », a assuré Donald Trump, sans que l’on comprenne s’il faisait référence aux marches de protestation qui se sont multipliées dans le pays, désormais totalement pacifiques, ou bien au chiffre des créations d’emplois.

Jugement majoritairement négatif

Cette volonté d’endosser désormais les habits du président du « come-back » de l’économie est dictée par la nécessité. Le jugement porté sur le président des Etats-Unis à propos de sa gestion de la crise sanitaire comme des troubles suscités par les violences policières est majoritairement négatif : 66 % des personnes interrogées pour la chaîne ABC désapprouvent ainsi sa réaction à la mort de George Floyd. Le président a refusé jusqu’à présent d’ouvrir le dossier des violences policières et sa riposte strictement sécuritaire, marquée par le recours à la force, a suscité les critiques virulentes d’anciens hauts responsables militaires, dont celles de son ancien secrétaire à la défense, James Mattis.

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L’écart entre les jugements favorables portés sur son action de président, minoritaires depuis son arrivée à la Maison Blanche, et les avis défavorables, est reparti à la hausse depuis le mois de mars. Son adversaire démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden, rivalise avec lui dans les Etats stratégiques qu’il avait remportés en 2016.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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