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Coup d’arrêt définitif pour le projet minier Pascua Lama, à la frontière entre le Chili et l’Argentine

Le plus grand projet de mine d’or et d’argent au monde ne se concrétisera pas. Jeudi 17 septembre, la justice chilienne a ordonné au groupe canadien Barrick Gold, deuxième producteur d’or mondial, d’abandonner les travaux de construction de Pascua Lama, gigantesque mine à ciel ouvert située à la frontière entre l’Argentine et le Chili. Le tribunal environnemental d’Antofagasta (nord du Chili) a confirmé une décision de l’agence gouvernementale de l’environnement datant de 2018, estimant que l’entreprise avait enfreint de manière répétée les normes environnementales. Barrick Gold devra également s’acquitter d’une amende de 7 milliards de pesos chiliens (7,8 millions d’euros).

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Commencés en 2009, dans une zone montagneuse située à 4 500 m d’altitude, les travaux de Pascua Lama étaient suspendus depuis 2013 en raison d’irrégularités comprenant, notamment, le déversement d’eaux contaminées dans une rivière du côté chilien de la cordillère des Andes, et un système de surveillance des impacts environnementaux de l’extraction minière – en particulier sur les glaciers – jugé insuffisant par la justice chilienne.

Respecter l’environnement

Après la décision de 2018, le groupe minier avait annoncé vouloir se tourner vers une extraction souterraine, moins polluante. « Mais c’était évidemment une option plus chère, et tout de suite moins intéressante pour l’entreprise », signale Pia Marchegiani, directrice de politique environnementale à la Fondation argentine pour l’environnement et les ressources naturelles (FARN), qui dénonce le comportement « peu transparent et le passé très négatif » du groupe Barrick Gold.

« Nous avons toujours insisté auprès des entreprises sur le fait qu’il est possible de réaliser des activités minières, mais en respectant l’environnement et en respectant les institutions », a réagi, jeudi 17 septembre sur Twitter, le ministre chilien des mines Baldo Prokurica. L’activité minière est particulièrement développée au Chili, premier producteur mondial de cuivre, et constitue l’un des moteurs de son économie.

« L’exploitation minière est mieux régulée au Chili et, de fait, tous les freins à ce projet sont venus du côté chilien », souligne Pia Marchegiani, qui indique qu’en Argentine, pays fédéral, « les autorités locales ont tendance à fermer les yeux sur les questions environnementales et encourager ce type de projet, qui permet de faire entrer des devises étrangères, d’autant plus dans un contexte économique difficile [l’Argentine traverse une grave crise économique et sociale depuis 2018]. »

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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