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Bruxelles : un ancien fonctionnaire européen mis en cause pour ses liens avec Pékin

Le directeur britannique d’un centre de réflexion sur les relations entre l’Europe et l’Asie est l’objet d’une enquête des services de renseignement belge et du parquet fédéral pour avoir livré des informations à la Chine, indiquaient, vendredi 18 septembre, le quotidien De Standaard et le site Politico.

Fraser Cameron, ancien diplomate et ex-fonctionnaire européen, a jugé « absurdes » et « sans fondement » les informations révélant ses contacts avec deux journalistes chinois accrédités auprès des institutions européennes et qui seraient, selon des sources belges, des agents de la sécurité intérieure et de la sécurité militaire chinoises.

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Les charges évoquées contre M. Cameron, responsable du EU-Asia Centre, dont l’objectif officiel est de « favoriser des relations plus étroites entre l’Europe et l’Asie », ne sont pas précisées à ce stade. Les autorités belges, qui refusent tout commentaire, évoquent seulement des activités qui auraient fait courir « des risques » à des officiels, membres des institutions européennes.

M. Cameron, par ailleurs enseignant dans diverses universités asiatiques, a abandonné son rôle dans les institutions en 2006 et affirme qu’il n’a, dès lors, plus accès à aucune information « sensible ». Apparemment soupçonné d’avoir reçu de l’argent en échange des documents qu’il aurait transmis, l’ancien diplomate a indiqué dans un courriel à un autre quotidien belge, L’Avenir, qu’il disposait d’une « petite indemnité » qui lui était versée par la représentation diplomatique chinoise auprès de l’Union pour l’organisation de certains événements. Il soutient toutefois que son centre de réflexion peut se montrer « très critique » à l’égard de Pékin. Un de ses anciens collègues à la Commission a toutefois expliqué à Politico qu’il était, à l’époque, « très proche » du régime chinois.

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Tentatives de « bio-espionnage »

La loi belge ne reconnaît pas l’espionnage comme un crime et une réforme envisagée de longue date a été entravée par les crises politiques à répétition. La Sûreté de l’Etat a toutefois fait de l’espionnage chinois auprès des nombreuses institutions basées à Bruxelles l’une de ses priorités.

Depuis 2010, le service de renseignement a notamment mis en garde contre des tentatives de « bio-espionnage », visant notamment des entreprises pharmaceutiques et des spécialistes des vaccins.

En janvier, une enquête a été ouverte, en Allemagne et en Belgique, et visait trois personnes soupçonnées de se livrer à des activités bénéficiant à la Chine. Parmi les intéressés se trouvait un ex-diplomate européen de nationalité allemande. Il avait créé, à Bruxelles, une société entretenant des relations étroites avec Pékin. Elle possède des bureaux dans la capitale chinoise et à Shanghaï.

L’Université libre flamande de Bruxelles a, elle, abrité, jusqu’en 2019, l’Institut Confucius, lié au ministère de l’éducation de Pékin. Son directeur, Song Xinning, a été déclaré persona non grata par les autorités belges.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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