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Brésil : à Curitiba, la « smart city » se met au service de la justice sociale

C’est à Caximba, quartier situé dans l’extrême sud de Curitiba, que les formules des brochures de promotion du projet Vale do Pinhão, primé par un Wellbeing Cities Award 2020, prennent tout leur sens. Ainsi nommé en référence au fruit du pin du Parana (O Vale do Pinhão signifie la Vallée du pignon), l’arbre traditionnel de la région, le projet désigne un vaste plan d’investissement destiné à moderniser l’économie de cette ville de 2 millions d’habitants et à la rendre « intelligente ». Mais à Caximba, « bien être », « innovation » et « transformation », mots-clés de l’initiative, sont encore en phase de concrétisation. Situé à 37 km du centre-ville, le quartier est à des années-lumière de la légendaire planification urbaine qui a fait de Curitiba une des villes les plus vertes du Brésil.

Ici, la pauvreté a dicté sa loi, à tel point qu’une zone lacustre inondable a perdu son statut de réserve écologique pour devenir un quartier insalubre. « Notre objectif est de créer une relation harmonieuse entre les 4 500 habitants et cet environnement qui était exceptionnel il y a encore 10 ans », assure l’urbaniste Mauro Magnabosco devant une lagune atrophiée par les sédiments, où se déversent les égouts des baraques de tôle et de brique. Le projet, ambitieux, est en grande partie financé par l’Agence française de développement (AFD) avec un prêt sur vingt ans de 38,1 millions d’euros (sur un budget de 47,6 millions).

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Renouer avec le « bien être » promis par le projet implique d’abord de reloger les familles « avec leur accord et à moins de 700 mètres de leur habitation originale », précise cet urbaniste, à la tête du projet depuis presque quatre ans. La phase de transformation prévoit de dépolluer la zone lacustre, de redonner à la rivière Barigui son lit originel en recréant une aire de conservation. Enfin, la dimension d’innovation implique la création de revenus pour les habitants, qui seront formés à de nouvelles activités : gestion des énergies renouvelables, recyclage des matériaux ou encore floriculture sur pilotis. Le nouveau quartier sera alimenté en énergie solaire par une « pyramide solaire » qui va recouvrir de panneaux une ancienne décharge fermée depuis 10 ans.

« Ce projet urbain s’inscrit totalement dans celui du Vale do Pinhão dont l’objectif est de développer un écosystème d’innovation dans la ville. Je considère qu’il n’existe pas d’innovation si elle ne se transforme pas en un bien commun, si cette innovation n’est pas partagée par le plus grand nombre. Sinon, c’est une simple marchandise », argumente Rafael Greca, le maire de Curitiba depuis 2016 et candidat à sa réélection en novembre.

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Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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