International

Au Moyen-Orient, l’illusion d’une nouvelle ère de stabilité

Analyse. Mardi 15 septembre, les quatre protagonistes de la cérémonie de normalisation israélo-arabe réunis sous le portique de la Maison Blanche ont fait assaut de déclarations grandiloquentes. Le président américain, Donald Trump, et ses trois hôtes, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanayhou, le ministre des affaires étrangères émirati, Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane, et son homologue bahreïni, Abdelatif Ben Rashid Al-Zayani, ont annoncé en chœur l’avènement d’un « nouveau Moyen-Orient ».

A les croire, l’établissement de relations diplomatiques entre les deux monarchies du golfe Persique et l’Etat hébreu tournerait la page de décennies de conflits et poserait les fondations d’une nouvelle ère, faite de « stabilité », de « paix » et de « prospérité ». Donald Trump serait en passe de réussir ce qu’a raté son prédécesseur au bureau Ovale, George W. Bush, apôtre en son temps d’un « Grand Moyen-Orient », plus conciliant envers l’Etat hébreu et les Etats-Unis.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’accord entre Israël, Bahreïn et les Emirats sauve le bilan diplomatique de Donald Trump

De fait, la méthode de l’actuel président américain − un pari sur les affinités croissantes entre les régimes autocratiques arabes pro-Washington et Israël − est plus payante que le credo de la démocratisation vertueuse, imposée d’en haut, brandi par les néoconservateurs des années 2000. Il faut s’attendre à ce que d’autres pays arabes brisent à court ou à moyen terme le tabou de moins en moins solide de la reconnaissance de l’Etat juif, à commencer par le sultanat d’Oman.

Réalignement stratégique

Mais si ce processus de recomposition des alliances avance aussi vite, c’est parce qu’il n’y a jamais eu de véritable conflit entre Israël et les monarchies du Golfe. Trump récolte les dividendes d’une convergence vieille de plus de deux décennies, les premiers contacts des Emirats et de Bahreïn avec Israël remontant au milieu des années 1990. L’effacement de la génération des cheikhs fondateurs comme Zayed, le père des Emirats arabes unis, très proche de la cause palestinienne, a accéléré le mouvement.

Les lendemains turbulents des « printemps arabes » de 2011 et l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, observés avec la même anxiété des deux côtés, ont achevé de faire émerger un ensemble d’intérêts communs entre les potentats de la péninsule arabique et les dirigeants israéliens. Ces dernières années, les conciliabules entre services de renseignement émiratis et israéliens, souvent hébergés à Amman, la capitale jordanienne, étaient devenus routiniers.

Il vous reste 58.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :