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Appels à la prudence après la levée des restrictions dans certains États américains

Les uns après les autres, des États américains lèvent les restrictions mises en place pour freiner la propagation de la COVID-19, en s’appuyant sur la campagne de vaccination massive en cours et la baisse des courbes de contamination ces dernières semaines.

Des mesures hautement prématurées, taclent en retour le président et les autorités sanitaires, qui crient à l’imprudence.

Ce n’est pas le moment de lever toutes les restrictions

Le Texas a annoncé mardi la fin du port du masque obligatoire et la réouverture de tous les commerces dès la semaine prochaine. Le Mississippi a fait le même choix, dès ce mercredi. « Il est temps ! », a réagi le gouverneur Tate Reeves sur Twitter.

C’est « une grande erreur », leur a répondu Joe Biden. « La dernière chose dont nous avons besoin est d’un raisonnement préhistorique qui affirme que tout va bien actuellement, “retirez vos masques”, “oubliez tout ça” », a-t-il ajouté depuis la Maison-Blanche.

« Ce n’est pas le moment de lever toutes les restrictions », a aussi martelé dans la matinée Rochelle Walensky, la directrice des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays.

« La fatigue est en train de gagner », a-t-elle regretté, en appelant les Américains à continuer à porter le masque et à respecter la distanciation physique, « que ce soit obligatoire ou non ».

Dans un pays lassé par un an de restrictions fluctuantes, ces appels à continuer les efforts ont du mal à être entendus face à la concurrence de bonnes nouvelles. D’abord, les niveaux de cas et de décès quotidiens sont beaucoup moins élevés qu’il y a quelques semaines.

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Ensuite, la campagne de vaccination bat son plein, avec désormais trois vaccins autorisés : ceux de l’alliance Pfizer / BioNTech, de Moderna, et depuis quelques jours, de Johnson & Johnson, dont les premières injections ont commencé mardi.

Plus de 78 millions de piqûres ont déjà été réalisées dans le pays (pour Pfizer et Moderna, il en faut deux par personne).

Mardi, Joe Biden a avancé de deux mois la date à laquelle suffisamment de doses pour vacciner tous les adultes américains seront disponibles : ce sera fin mai, et non plus fin juillet, a-t-il annoncé.

Rouvrir « à 100 % »

Portés par des statistiques encourageantes, de nombreux responsables politiques considèrent que c’est le moment d’assouplir les restrictions, qui dépendent majoritairement des autorités locales aux États-Unis.

Il est temps de rouvrir « à 100 % », a déclaré mardi le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, estimant que le deuxième État le plus peuplé du pays avait désormais « les moyens de protéger » sa population. Il a suggéré que les habitants fassent preuve de vigilance personnelle, à leur niveau.

« Cette annonce est fantastique », s’est écrié Ron Mart, rencontré en banlieue de Houston, la ville la plus peuplée de l’État. « Il faut laisser les gens prendre leurs propres décisions. Pas besoin que ce soit obligatoire. »

Mais le maire démocrate de la ville n’était pas du même avis : « Chaque fois que nous commençons à aller dans la bonne direction, le gouverneur intervient et nous fait revenir en arrière », a publié Sylvester Turner sur Twitter. Il « a tort de lever l’obligation du port du masque », a-t-il asséné.

Le mois dernier, l’Iowa et le Montana avaient eux aussi pris cette décision.

Au Massachusetts, les restaurants n’ont plus de limite de capacité depuis lundi, grâce à la baisse « des cas et hospitalisations », a justifié le gouverneur républicain.

En Caroline du Sud, depuis lundi également, les rassemblements ne sont plus limités à 250 personnes.

Des villes démocrates, comme San Francisco, suivent le même mouvement. À partir de mercredi, il sera à nouveau possible d’y manger en intérieur au restaurant ou d’aller au musée (avec limitations de capacités).

L’inconnue des variants

Les États-Unis sont pourtant loin d’être sortis d’affaire, préviennent les experts, qui redoutent notamment l’effet des nouveaux variants du SRAS-CoV-2. Celui d’abord repéré au Royaume-Uni, qui se transmet plus facilement, devrait être majoritaire dans le pays d’ici la mi-mars.

Mme Walensky s’est inquiétée des récentes moyennes sur sept jours, qui montrent une légère augmentation des nombres quotidiens de nouvelles contaminations et de décès. Ceux-ci se situent en outre toujours à des niveaux très élevés : environ 66 000 cas et 2000 décès par jour.

« Nous savions que cela pouvait arriver avec l’arrivée de nouveaux variants », a-t-elle dit. Le variant britannique « menace de renverser nos efforts ».

Et l’approche des vacances de printemps, qui, combinées au retour du beau temps, devraient entraîner des déplacements accrus, inquiète également. Un pic avait été observé après les vacances de Noël.

« Nous anticipons tous une nouvelle vague », a prévenu Peter Hotez, professeur au Baylor College of Medicine, sur la chaîne MSNBC.

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Source: Monde / États-Unis – Le Devoir

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