A Perpignan, Carles Puigdemont déplace les Catalans

Carles Puigdemont, lors d’une rencontre à Perpignan, le 29 février 2020. NACHO DOCE / REUTERS

Carles Puigdemont voulait que cette rencontre avec « son peuple » soit avant tout une fête. Et ce fut le cas : ce 29 février, les Catalans sont venus en masse à Perpignan — 150 000 selon les organisateurs, 60 000 selon le quotidien régional L’Indépendant — écouter leur ancien président et toujours eurodéputé, parti en exil en Belgique après avoir déclaré l’indépendance de la Catalogne contre l’avis de Madrid en octobre 2017.

Parmi les Catalans qui avaient fait le déplacement figuraient Artur Mas, ancien président de la Généralité de Catalogne, et l’actuel président, Quim Torra, investi président en mai 2018 sur décision de Carles Puigdemont, ainsi que le chanteur catalan Lluis Llach, symbole de la défense catalane face au castillan.

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« Sortir d’une monarchie directement venue du franquisme »

Le départ tardif de la rencontre — plus d’une heure et demie de retard — n’a pas entamé l’enthousiasme des participants, qui ont attendu dans le calme les bus et voitures bloqués à la frontière, la police espagnole faisant des contrôles sur chaque véhicule. Selon les organisateurs, plus de 500 bus, 10 000 voitures et 450 camping-cars ont ainsi franchi la frontière, venant de Barcelone, de Gérone, de toute la Catalogne voisine, dans une ambiance rouge et or, aux couleurs du drapeau catalan qui flotte sur de nombreuses épaules. Pour patienter, des vidéos où s’expriment les exilés qui n’ont pas d’immunité parlementaire leur permettant de venir en France, comme l’ancien ministre catalan Lluis Puig et le rappeur Valtonyc, ont été diffusées sur l’écran géant.

Sur scène, les discours ont ensuite été très politiques. « Nous sommes dans un conflit entre un pouvoir brutal et une société pacifiste », a déclaré Toni Comin, ancien conseiller du gouvernement catalan, eurodéputé également exilé en Belgique. Carles Puigdemont, lui, n’a pris la parole qu’une dizaine de minutes seulement, affirmant devant une foule conquise qu’« une république indépendante catalane est la seule voie pour sortir d’une monarchie directement venue du franquisme ».

Pour Pere Figueres, qui habite en France mais chante en catalan des deux côtés de la frontière, « l’objectif de Puigdemont aujourd’hui n’est pas directement l’indépendance de la Catalogne mais de montrer ce qui se passe en Espagne, cette radicalisation de l’Etat central. Il faut être clair : la démocratie n’existe plus en Espagne ». « Il vient surtout pour montrer qu’il est un citoyen libre, partout, sauf en Espagne. L’Europe a reconnu son immunité, il n’y a que l’Espagne qui refuse la démocratie ! », s’insurge une jeune catalane. Jeudi 16 janvier, le Parlement européen a cependant annoncé qu’elle lançait la procédure sur la demande de levée d’immunité adressée par la justice espagnole.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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