Environnement

Le nombre de cas de coronavirus bondit en Chine après un changement dans le mode de détection

Des techniciens de laboratoire testent des échantillons au COVID-19, à Shenyang, au nord-est de la Chine, le 12 février. AFP

Constatant que les autorités de la province du Hubei, épicentre de la crise du Covid-19, sont totalement incapables de faire face à la situation, Pékin fait tomber les têtes et change de politique sanitaire. A la suite d’une réunion du comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) – sa plus haute instance –, mercredi 12 février, Ying Yong, jusqu’ici maire de Shanghaï et considéré comme un proche du président Xi Jinping, a été nommé secrétaire du Parti dans le Hubei. Il y remplace Jiang Chaoliang. Le secrétaire du PCC à Wuhan, le vrai patron de la ville, a également été limogé.

Lire le témoignage : La vie à Pékin en pleine épidémie de coronavirus

Surtout, tout juste arrivé de Pékin pour cumuler les postes de directeur de la commission de la santé du Hubei et de secrétaire du PCC au sein de cette dernière – ils ont été eux-mêmes limogés le 11 février –, Wang Hesheng, jusque-là numéro deux de la commission nationale de la santé, a pris une mesure spectaculaire : annoncer un nombre de nouveaux cas environ dix fois plus élevé que les jours précédents.

Selon les chiffres publiés jeudi 13 février, 14 840 nouveaux cas de personnes contaminées par le virus dans le Hubei ont été enregistrés la veille. Les jours précédents, ce chiffre se situait entre 1 500 et 3 000. Le nombre de morts s’est élevé à 242. Des données qui font bondir les statistiques nationales, avec plus de 50 000 personnes affectées et plus de 1 300 décès. La situation sanitaire ne s’est pas nécessairement aggravée dans le Hubei, mais la commission a changé de politique : elle accepte désormais qu’une radio des poumons soit considérée comme suffisante pour diagnostiquer le virus.

Jusqu’à présent, dans le Hubei, les autorités exigeaient des tests standards d’acide nucléique (recherchant le matériel génétique du virus). Or, non seulement les kits des tests n’étaient pas disponibles en quantité suffisante mais nombre de médecins remettaient leurs résultats en cause. Selon le Financial Times, Tong Chaohui, un expert qui conseille le gouvernement, aurait révélé aux médias locaux que, dans les bons hôpitaux du Hubei, les résultats des tests étaient fiables une fois sur deux. Le chiffre tombe à un sur dix dans les mauvais.

Hôpitaux débordés

Neil Ferguson, professeur d’épidémiologie à l’Imperial College de Londres, estime lui que seuls 10 % des cas sont détectés. Pour qu’un test de cette nature soit valable, il faut insérer un endoscope dans les poumons. Débordés, les hôpitaux du Hubei se contentent de prélèvements dans les voies respiratoires. Par ailleurs, les résultats ne sont connus qu’au bout de 48 heures alors qu’ils sont immédiats dans le cas d’une radio.

Source: Le monde

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