Environnement

Covid-19 : le cri d’alarme d’un médecin britannique

 

David Oliver est médecin senior au NHS (National Health Service), l’hôpital public britannique. Il travaille depuis des mois dans le service « Covid-19 » d’un hôpital du sud-est de l’Angleterre, à quelques dizaines de kilomètres de Londres, là où les taux d’incidence du virus, et notamment de son variant « britannique », bien plus contagieux, sont les plus importants. Il a accepté de témoigner (à condition que le nom de son établissement ne soit pas cité), alors que le bilan des morts du Covid-19 vient de dépasser les 80 000 au Royaume-Uni et que les hôpitaux du pays font face à une vague bien plus importante qu’au printemps 2020 (avec désormais plus de 32 000 hospitalisés). Au bord de la saturation, le NHS fait face à « la situation la plus dangereuse jamais connue », a alerté dimanche 10 janvier Chris Whitty, le conseiller médical en chef du gouvernement Johnson.

« L’été a été très calme, avec presque aucun malade du Covid. En septembre, on a commencé à revoir venir quelques cas, puis cela a augmenté régulièrement, mais les admissions à l’hôpital sont massives depuis mi-décembre, et elles accélèrent. Je pense que nous sommes encore à deux ou trois semaines du pic, estime David Oliver, un spécialiste en gériatrie, par ailleurs contributeur régulier du British Medical Journal. Dans mon établissement, nous sommes passés de cinq malades avec le Covid il y a deux semaines à 220, dont une quarantaine en soins intensifs [intensive care unit, ICU]. Selon les hôpitaux, entre un quart et une moitié des lits sont occupés par des malades du Covid-19. »

Le 8 janvier, Sadiq Khan a déclaré « l’état d’urgence » pour Londres, le virus y étant « hors de contrôle », a estimé le maire de la capitale, qui réclame un durcissement du confinement, avec port du masque obligatoire partout en extérieur. Les hôpitaux britanniques pourraient saturer « d’ici à trois semaines », ont par ailleurs alerté les responsables du NHS le 4 janvier.

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« Faiblesses structurelles »

Une patiente, dans son lit d’hôpital, le 14 mai 2020 à Blackburn (Royaume-Uni). Une patiente, dans son lit d’hôpital, le 14 mai 2020 à Blackburn (Royaume-Uni).

« La France dispose de trois fois plus de lits d’hôpital que le Royaume-Uni [qui ne compte qu’entre 2,6 et 2,7 lits pour 1 000 habitants] et de deux fois plus de lits en soins intensifs que nous. Ici, on regarde souvent avec envie le système français, insiste le docteur Oliver. Au printemps, nous avons tenu le choc, en réaffectant toutes les équipes, en annulant toutes les opérations. Mais aujourd’hui les personnels sont fatigués et beaucoup sont malades du Covid-19. Nous sommes en hiver et, avant la pandémie, les hôpitaux tournaient déjà à 90 % de taux d’occupation à cette saison. » Selon le président de la British Medical Association, Chaand Nagpaul, plus de 46 000 membres du personnel du NHS sont actuellement en arrêt maladie.

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Source: Planète : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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