Environnement

A Saint-Vincent, l’éruption d’un volcan provoque des coupures d’électricité

De nouvelles explosions ont été signalées dimanche dans le volcan de l’île caribéenne de Saint-Vincent, dans les Petites Antilles, déjà recouverte d’un épais tapis de cendres et qui connaissait d’importantes coupures d’eau et d’électricité.

Endormi depuis plus de 42 ans, le volcan de la Soufrière s’est réveillé vendredi, provoquant l’évacuation de 16.000 habitants.

Le nuage de cendres a commencé à se déplacer vers l’est à environ 175 km de distance, s’approchant de l’île voisine de la Barbade où la population a été invitée à rester chez elle, selon l’Agence caribéenne de réponse aux urgences.

L’île de Saint-Vincent, qui compte environ 110.000 habitants, empestait le soufre et semblait recouverte de neige en raison de l’épaisseur des retombées de cendres, a fait savoir le site d’informations news784.com.

“Le paysage de la magnifique Saint-Vincent est recouvert de cendres à cause des explosions de la nuit et du dégazage du volcan de la Soufrière”, a tweeté le géologue Richard Robertson, qui a diffusé des photos de sinistres paysages grisâtres et décrit les nouvelles coulées de lave comme “une masse destructrice en mouvement”.

L’Organisation nationale de gestion des urgences (NEMO) a noté “un autre événement explosif” tôt dimanche, avec “la meure partie du pays couverte de cendre et sans électricité”. “Jour n°3 et tout ressemble à une zone de guerre”, selon la NEMO.

La phase éruptive pourrait durer encore plusieurs jours, voire des semaines, selon le Centre de recherche sismologique de l’Université des Indes Occidentales (UWI) de Trinidad-et-Tobago, un autre archipel caribéen, qui a conseillé à la population de tout faire pour éviter de respirer les cendres.

Le Premier ministre Ralph Gonsalves a annoncé samedi que l’eau courante avait été coupée sur la plupart du territoire à Saint-Vincent, dont l’espace aérien a été fermé. Plus de 3.000 personnes ont par ailleurs passé la nuit dans des abris.

“Nous faisons face à une énorme opération”, a souligné ce responsable, décrivant les multiples défis créés par l’éruption du volcan : couche épaisse de cendres, coupures d’eau, fermeture de l’espace aérien, pollution atmosphérique, risque de pillages dans les zones évacuées…

“Nous allons y arriver, mais un peu de patience”, a-t-il lancé à ses concitoyens : “Respectons l’ordre et la discipline !”

Le Premier ministre a ajouté être en contact avec plusieurs pays qui souhaitent apporter leur aide. Le Guyana et le Venezuela ont d’ores et déjà fait appareiller des navires avec de l’aide d’urgence, a-t-il précisé.

Un bateau en provenance de la Barbade est arrivé samedi matin à Kingstown, la capitale, selon les médias locaux.

– Pas d’éruption depuis 1979 –

Une première éruption explosive s’est produite vendredi matin, provoquant des colonnes de fumée de jusqu’à 8 km de haut, suivie d’une deuxième plus petite.

La Soufrière – à ne pas confondre avec la Grande Soufrière en Guadeloupe – n’avait pas connu d’éruption depuis 1979. La plus dévastatrice, en 1902, avait fait plus de 1.000 morts.

Le volcan est situé à l’extrémité nord de l’île, où la visibilité est très limitée.

“Les retombées de cendres extrêmement importantes et les fortes odeurs de soufre atteignent désormais la capitale”, dans le sud de l’île, a tweeté samedi l’agence locale de réponse aux urgences, invitant les personnes ayant des problèmes respiratoires à rester calfeutrées.

“Il règne un silence de mort à l’extérieur”, a raconté à l’AFP Vynette Frederick, qui vit dans cette grande ville dont le sol, les bâtiments et les véhicules étaient recouverts d’une fine couche de poussière blanchâtre.

Plus au nord, Zen Punnett assure que les choses se sont calmées après la panique initiale provoquée par les ordres d’évacuation dans la nuit de jeudi à vendredi. “La visibilité a empiré, nous préférons rester à l’intérieur”, a-t-elle dit à l’AFP.

Certaines personnes vaccinées contre le Covid-19 pourront être accueillies dans des pays voisins, a précisé M. Gonsalves, louant l’aide régionale et internationale apportée à son archipel.

L’Agence de gestion de crise a posté des photos montrant un navire de gardes-côtes en train d’évacuer les personnes qui avaient initialement refusé de quitter la zone, dans une brume grise crayeuse.

Selon les autorités, la plupart des habitants de la zone rouge ont été évacués dès vendredi.

La police des Saint-Vincent et Grenadines a par ailleurs lancé un appel samedi afin de demander de cesser les canulars téléphoniques sur les numéros d’urgence

“Nous sommes au milieu d’un exercice sérieux afin de garantir la sécurité et d’aider les personnes concernées par l’éruption, ces appels irresponsables détournent des moyens nécessaires aux besoins actuels”.

Source: TV5 – environnement

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