Économie

WestJet licencie près de 450 employés en Atlantique

 

L’entreprise met à pied 279 employés au Nouveau-Brunswick (Moncton et Fredericton), 102 en Nouvelle-Écosse (Halifax et Sydney), 46 à Terre-Neuve-et-Labrador (Gander, Deer Lake et Saint-Jean) et 20 à l’Île-du-Prince-Édouard (Charlottetown).

Avant la fermeture de plusieurs frontières et l’imposition de nombreuses restrictions aux voyageurs, l’entreprise employait 14 000 travailleurs. Les temps ont bien changé : à l’heure actuelle, ce ne sont plus que 4500 personnes qui sont employées par WestJet. Le transporteur aérien cherche d’ailleurs une façon de faire revenir au travail 5500 employés temporairement mis à pied. De plus, les deux tiers de sa flotte d’appareils sont maintenant immobilisés au sol, précise WestJet.

Dans une vidéo YouTube (Nouvelle fenêtre) publiée le 24 juin, le PDG de l’entreprise, Ed Sims, déclarait que malgré avoir réussi à réduire les coûts d’exploitation de 60 %, la réalité dans laquelle nous [WestJet] nous trouvons exige des décisions difficiles et douloureuses pour assurer [la] viabilité de la compagnie.

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Parmi ces décisions difficiles, l’entreprise a annoncé qu’elle ne maintiendra ses activités que dans quatre aéroports au pays – comparativement à 38 avant la crise – soit ceux de Calgary, Edmonton, Vancouver et Toronto. WestJet confiera à ses sous-traiteurs ses activités dans les 34 autres aéroports au pays. Elle procédera également à une restructuration de son personnel administratif et de gestion.

Des mesures comme le gel des embauches, la réduction des salaires des dirigeants et des vice-présidents ainsi que l’interruption de plus de 75 % de ses projets d’investissement figurent également au tableau.

Dans cette même vidéo, M. Sims a tenu à souligner que l’impasse dans laquelle se trouve l’entreprise n’est la faute de personne et que ces décisions ont été prises en dernier recours. Il a ajouté que l’entreprise s’efforçait de nouer de nouveaux liens avec les services aéroportuaires et qu’elle continuerait de chercher des emplois pour les travailleurs mis à pied qui pourraient toujours espérer revenir au travail.

Une pilule difficile à avaler pour les employés

Sous le couvert de l’anonymat, un employé de WestJet qui travaillait pour l’entreprise depuis plus de dix ans a déclaré à CBC avoir été informé de la perte de son emploi par un courriel interne, envoyé en même temps que l’annonce publique de la nouvelle.

Nous sommes tous choqués par cette décision. WestJet dit qu’elle veut nous faire embaucher par une autre entreprise et que nous serons les premiers à obtenir ces emplois. Nous savons à quoi cela va ressembler, un salaire moins élevé, et qu’adviendra-t-il de nos avantages?, s’est questionné cet employé.

C’est totalement injuste… J’ai travaillé à heures réduites pendant cette [pandémie]… en essayant de faire ma part… et puis ils se retournent et confient nos emplois à une autre entreprise ?

Un employé de WestJet, licencié après 10 ans de service

Serge Bisson, un autre employé licencié par WestJet, est plutôt envahi par la tristesse lorsqu’il pense à la perte de son emploi. Hier, j’avais quasiment la larme à l’oeil. J’aimais vraiment mon emploi. J’aimais le monde avec qui je travaillais. Mais tout d’un coup, tout a changé, du jour au lendemain, explique-t-il.

Serge Bisson assis dans son bureau.

Serge Bisson qui travaillait pour le centre de service à la clientèle à Moncton a été licencié par WestJet.

Photo : Radio-Canada

M. Bisson, qui travaillait pour le centre de service à la clientèle de Moncton, dit comprendre les motivations économiques qui ont pu mener WestJet à prendre cette décision. Celui qui s’attendait à être de retour au travail l’automne prochain lorsque les Canadiens se seraient remis à voyager devra plutôt se retrousser les manches et chercher un autre emploi.

WestJet a annoncé à ses employés que les licenciements se produiront au cours des prochains mois.

L’achalandage en chute libre

Les activités de WestJet ont diminué de 90 %.

La semaine dernière, c’est moins de 7500 passagers qui sont arrivés dans les aéroports canadiens en provenance des États-Unis, soit une baisse de plus de 98 % par rapport à l’année précédente, a indiqué l’Agence des services frontaliers du Canada, mercredi. Le nombre de passagers provenant d’autres pays a diminué de 95 % depuis l’année dernière, toujours selon l’Agence.

L’obligation d’isolation est toujours en vigueur au Canada. Ainsi, les voyageurs de retour au pays doivent s’isoler pendant deux semaines. Un avis du gouvernement conseille toujours aux Canadiens d’éviter les voyages non essentiels hors du pays, alors que la frontière canado-américaine restera fermée au moins jusqu’au 21 juillet.

Avec les renseignements de Sarah Rieger, de CBC, et de Marie-Ève Brassard, de Radio-Canada

Source: Radio-Canada

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