Économie

Un lent virage vert pour les PME

Les PME poursuivent leur virage vert aussi vite qu’elles s’en croient financièrement capables, rapporte un sondage, c’est-à-dire lentement, mais avec conviction. Plus de huit dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) sur dix ont affirmé avoir déjà mis en œuvre des mesures de réduction de leur impact environnemental dans le cadre d’une enquête réalisée en octobre pour le compte de la Banque de développement du Canada et dont les résultats devaient être dévoilés jeudi.

De ce nombre, plus de la moitié sont qualifiés par la BDC d’entreprises « en transition » parce qu’elles ont mis en place quelques mesures relativement faciles d’accès, comme une réduction de leur consommation d’énergie, un encouragement à l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement par leurs employés et une utilisation de matériaux recyclés.

Plus du quart d’entre elles sont considérées, tout au plus, comme « débutantes » parce qu’elles en sont encore à l’étape de réduire leur quantité de déchets ou de commencer à diminuer leur consommation d’eau ou d’énergie. Seulement un cinquième d’entre elles méritent le titre de « leaders » en raison de leurs mesures plus ambitieuses de réduction maximale des impacts environnementaux (écoconception), de processus de vérification externe ou encore de fonctionnement « zéro déchet ».

Ces chiffres sont la preuve que les PME québécoises et canadiennes sont bel et bien engagées dans le virage vert, contrairement à ce que pouvait laisser croire une autre enquête, de Statistique Canada celle-là, dont Le Devoir rapportait les résultats mercredi. On y apprenait notamment qu’en dépit de tous les discours sur l’importance de la lutte contre les changements climatiques, moins d’une entreprise sur vingt avait l’intention d’investir cette année dans les énergies renouvelables ou dans des mesures d’efficacité énergétique.

« Notre enquête aborde la question de la transition verte de façon plus large en tenant compte de ce qui s’est déjà fait les années passées », a fait valoir mardi l’économiste en chef de la BDC, Pierre Cléroux, en entretien téléphonique au Devoir. « Or, il y a un virage vert qui se fait. Il n’est peut-être pas aussi vite qu’on le voudrait, mais ça bouge quand même. »

À qui l’addition ?

Si les chefs d’entreprise jugent nécessaire de s’engager dans pareille transition, c’est moins par volonté de réduire leurs coûts de fonctionnement (53 %) ou pour améliorer leur image de marque (31 %) que par convictions personnelles (63 % au Canada et 74 % au Québec) et parce qu’ils se sentent responsables de prendre des mesures concrètes pour protéger l’environnement (84 % au Canada et 88 % au Québec) au point même de les intégrer à la mission de leur entreprise (51 %).

Qu’est-ce qui les empêche de faire plus ? La pandémie et la crise économique qui en découle, mais aussi le manque de ressources financières suffisantes, notamment parce qu’ils ne se croient pas en position de refiler la facture de leurs investissements verts à leurs clients.

Ils n’ont apparemment pas tort, constate la BDC, qui, en plus d’avoir interrogé 1515 petites et moyennes entreprises (PME) d’au plus 500 employés, a aussi sondé un millier de consommateurs canadiens. Pour ces derniers, le principal critère d’achat reste le prix le plus bas possible (60 %), loin devant l’achat local (47 %), la possibilité d’obtenir des points et autres remises en argent (42 %) ou l’achat de produits d’une entreprise respectueuse de l’environnement (34 %).

Mais à une autre question, les consommateurs se disent quand même prêts à payer un montant plus cher de 5 % (25 % des répondants), de 5 % à 10 % (32 %) et même de 10 % ou plus pour réduire leur empreinte environnementale.

 

Source: Économie – Le Devoir

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