Économie

Uber arrive dans les régions du Québec

 

Une personne dotée de l’application sur son téléphone intelligent pourra donc faire appel aux services d’Uber à compter de l’automne. L’entreprise n’a pas fourni de date précise.

Avant de pouvoir déployer ses services en région, Uber devra s’enregistrer à la Commission des Transports du Québec, à partir du 10 octobre prochain, date d’entrée en vigueur de laloi 17, adoptée à l’automne dernier, et qui visait à moderniser la réglementation.

Jonathan Hamel, gestionnaire des affaires publiques pour Uber au Québec estime que l’arrivée de l’entreprise dans les régions va offrir de nouvelles possibilités de déplacements.

On croit qu’il y aura plus de Québécois qui vont utiliser nos services, mais également les services des autres joueurs de l’industrie, explique-t-il. Puis ce que ça fera, c’est que l’industrie va croître puis qu’il y aura assez de place pour tous les joueurs pour en bénéficier.

De l’indifférence…

Pour Serge Lebreux, porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec, cette annonce est de la poudre aux yeux. Il dénonce une « tentative de sensationnalisme » de la part d’Uber alors que l’entreprise fait encore pour faire en sorte « d’ébranler les régions ».

Vouloir s’établir en région, c’est une chose… mais de le faire perdurer dans le temps, c’en est une autre.

Serge Lebreux, porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec

Serge Lebreux montre particulièrement du doigt le manque de main-d’œuvre en région qui serait un frein à l’expansion d’Uber. C’est très difficile de garder les chauffeurs , explique-t-il. Il note aussi que l’offre de service est déjà difficile à soutenir pour les entreprises de taxi en région, une situation qui a été aggravée selon lui par la COVID-19 et la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Pour Johanne Beaulieu, propriétaire de Taxi Matane, la technologie d’Uber n’est pas adaptée à la réalité de sa région, notamment en raison de la déficience du réseau cellulaire à certains endroits.

Même nous autres on a de la misère [avec le réseau cellulaire], explique-t-elle. On a de la misère à faire payer des clients avec la machine Square et Interac : ça ne pogne même pas.

… et des inquiétudes

L’arrivée prochaine d’Uber en région préoccupe d’autres chauffeurs de taxi traditionnels de l’Est-du-Québec.

À Rimouski, où le marché compte 42 permis de taxi, ce genre de compétition pourrait frapper les chauffeurs de plein fouet.

L’inquiétude de Stéphane Dionne, directeur et actionnaire de l’entreprise Taxi 800, est palpable.

Nous allons pouvoir passer de 42 à 500 taxis à Rimouski! Avec la même population! C’est sûr que la pointe de tarte, elle va diminuer pas mal!

Stéphane Dionne, directeur et actionnaire de l’entreprise Taxi 800

Stéphane Dionne craint que les taxis ne puissent plus vivre de leur métier à cause de l’entreprise.

Il est aussi sceptique quant à la logique d’affaires du choix de s’étendre en région.

Honnêtement, je ne vois pas comment Uber va faire son business en région. Il n’y a pas d’aéroport, il n’y a pas de monde là!

Stéphane Dionne, directeur et actionnaire de l’entreprise Taxi 800

Le député de Rimouski, Harold LeBel, voit lui aussi d’un mauvais œil l’arrivée d’Uber dans le Bas-Saint-Laurent. Selon lui, la venue du géant californien va fragiliser l’industrie du taxi de la région.

Habituellement, Uber colle les aéroports et les grandes salles de spectacle, explique le député péquiste. Ici, ils n’ont pas ça, donc tout ce qu’ils vont faire, c’est d’aller piger dans la même pointe de tarte, dans la même clientèle que les taxis actuels.

Des mesures de sécurité

Uber veut toutefois ouvrir son application aux taxis traditionnels afin de permettre aux chauffeurs de bénéficier de revenus supplémentaires.

L’entreprise affirme aussi avoir mis en place des mesures afin d’assurer la sécurité des utilisateurs et des conducteurs, notamment une attention particulière qui sera portée à la vérification des antécédents judiciaires des chauffeurs qui offrent leur service sur l’application.

Par ailleurs, chauffeurs et utilisateurs devront porter obligatoirement le masque ou un couvre-visage.

L’entreprise offrait jusqu’à maintenant ses services dans les villes de Montréal, Québec et Gatineau.

Avec la collaboration de Delphine Jung.

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Source: Radio-Canada

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